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Institutionnel

Les États-Unis souhaitent redorer leur image

30/08/2002

L'État fédéral américain crée un Bureau de communication globale pour coordonner les messages sur les valeurs américaines à l'étranger. Le signe d'un possible examen de conscience du pays.

God bless America », « America open for business », « United we stand » (« Dieu bénisse l'Amérique », « En Amérique, les affaires continuent », « Nous restons unis »). Les slogans patriotiques et les bannières étoilées fleurissent en devanture des magasins dans tous les États-Unis, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Mais derrière la mobilisation nationale, les Américains se demandent encore ce qui a pu provoquer une telle haine à leur égard. L'administration Bush pense avoir trouvé une partie de la réponse : c'est un problème de communication. La Maison Blanche a annoncé il y a un mois la création d'un Bureau de communication globale, lié au département d'État, chargé de corriger les sentiments antiaméricains à l'étranger. Ceux-ci sont plus forts que jamais au Moyen-Orient, attisés par le conflit israélo-palestinien.« Le président pense qu'une meilleure coordination de la communication internationale aidera l'Amérique à expliquer ce que nous faisons dans le monde et pourquoi nous le faisons,déclarait le 30 juillet dernier dans une exquise langue de bois Ari Fleischer, le porte-parole du gouvernement.Il est important de partager la vérité sur l'Amérique et les valeurs américaines avec les autres nations du monde. »

Cette décision est le résultat d'un autoexamen, mené depuis le 11 septembre, estime l'Américain Seth Goldschlager, l'un des directeurs associés de Publicis Consultants.« L'Amérique pensait que la guerre des idées était terminée, comme l'avait écrit Francis Fukuyama (1) après l'effondrement du communisme. Or, on assiste à une nouvelle guerre, dont les ennemis sont mal identifiés. Les Américains cherchent à comprendre pourquoi leurs valeurs, censées incarner les droits de l'homme et la liberté, en sont venues à représenter le Grand Satan. De nombreux livres sur leCoranet sur les pays d'origine des terroristes ont été édités après les attentats. »

Valeurs à vendre

La démarche est à rapprocher de plusieurs prises de position du gouvernement américain sur des sujets habituellement du ressort de la «libre entreprise» : l'aide aux compagnies aériennes, l'embargo sur l'acier européen, le discours ferme de George Bush sur la « corporate responsability » suite au scandale Enron. L'image des États-Unis, longtemps incarnée par les entreprises privées, redeviendrait-elle la prérogative de l'État ?« Les entreprises américaines ont compris les enjeux de la globalisation, parce qu'elles doivent vendre leurs produits,analyse Jean-Pierre Rousset, vice-président Europe de l'agence de relations publiques américaine Burson Marsteller.L'administration américaine a cru qu'elle n'avait pas à vendre ses valeurs. Aujourd'hui, elle prend conscience qu'elle doit investir dans la communication sur sa politique étrangère. »

Les racines de l'antiaméricanisme sont cependant plus profondes qu'un défaut de communication. Il faudra sans doute plus que cette initiative pour contrebalancer, entre autres choses, le refus de ratifier le traité de Kyoto sur les gaz à effets de serre ou l'absence de George Bush au Sommet de la Terre de Johannesburg.

(1) Auteur de La Fin de l'histoire et le dernier homme, 1991.

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