
30/08/2002 - Le journaliste Jean-Michel Vennemani, quarante ans, est un des piliers de l'émission Strip Tease,à laquelle il collabore depuis dix ans. Diplômé du Celsa, il débute chez RFO à Saint-Pierre-et-Miquelon, suit pour FR3 la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen en 1988, participe aux débuts de l'émission 24 heures pour Canal +chez Capa... Bref, un joli parcours qui l'amène à mettre son expérience du réel au service de la publicité. Au sein de la maison de production Dissidents, formée par des journalistes, il a réalisé des films pour la SNCF, la Police nationale et, dernièrement, la campagne « Pourquoi la Vache qui rit rit ? ». Mais l'envie de s'essayer à d'autres styles de réalisation l'a décidé à signer chez Byzance.
Les boards étaient énigmatiques : j'avais les situations mais pas de phrases préécrites. J'ai filmé des personnages que j'avais déjà rencontrés pourStrip Tease,mais aussi mon fils, mon dentiste, le boucher du village de Marant... Aucun ne savait que c'était pour La Vache qui rit, juste que cela concernait un produit laitier pour enfants. Je les ai interviewés pendant une heure et demie pour trouver une phrase de dix secondes qui corresponde à la question. Avec Arsène, le camionneur, on a parlé de sa passion pour les Harley-Davidson. La limite du réel en publicité, c'est que l'on veut des " vrais gens ", mais aussi des personnes qui passent bien à la caméra. »
Campagne La Vache qui rit, agence D'Arcy, production Dissidents, 2001Pour les tarifs Découvertes de la SNCF, j'avais confié une caméra numérique à un couple et je l'avais laissé filmer ses vacances à Biarritz, dans un mélange de réalité et de fiction. J'ai de plus en plus envie d'aller vers ce style aujourd'hui. J'aimerais faire des tournages en 35 mm, être entouré d'une équipe qui me décharge de la technique et me concentrer sur la direction d'acteurs. Si j'étais resté chez Dissidents, je n'aurais fait que du réel. »
Spot SNCF, agence TBWA, production Dissidents, 2000J'avais lu un article dansLe Mondesur la banque des pauvres, qui prête de l'argent aux Rmistes. J'ai suivi une femme à Nantes dans ses démarches pour lancer une petite entreprise de cordonnerie. La méthodeStrip Tease,c'est de passer énormément de temps en repérage, apprivoiser son sujet, puis filmer sans intervenir. Comme il n'y a que l'ingénieur du son et moi, la confiance se crée. Si je sens que les gens sont en représentation, je ne filme pas. Au final, on a huit heures d'images pour quinze minutes d'émission. »
Émission Strip Tease, « La savetière et le financier », production VF Films, 1999Réagissez à cet article
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