MARKETING COMMUNICATION MEDIAS
Marques
Agences
Médias

Date de parution :




-- Sélectionnez --
-- Sélectionnez --
Agriculture jardinage
Alimentation
Ameublement décoration
Annonces légales
Appareils ménagers
Audiovisuel photo cinéma
Automobile transport
Batiment travaux publics
Boissons
Corporate
Culture & loisirs
Distribution
Edition
Energie
Enseignement formation
Entretien
Ets financiers assurance
Habillement accessoires textile
Hygiene beauté
Immobilier
Industrie
Information Media
Informatique bureautique
Organismes humanitaires
Parrainage associatif
Publicités diverses
Publicité financière
Santé
Services
Telecommunications
Voyage tourisme

Plan de la rubrique Marques
Voir les dossiers Marques
Votre Flux Rss Stratégies Marques
Accueil > Actualités > Marques > Aubade : Leçons de marketing

Aubade : Leçons de marketing

18/10/2002 - La marque de sous-vêtements doit sa notoriété à dix ans de photos artistiques et sexy qui s'affichent et se collectionnent.

Antoine de Caunes raconte avoir eu deux accidents de scooter dans sa vie : l'un en écoutant une chronique de Guy Carlier à la radio ; l'autre en tombant, au coin d'une rue, sur une publicité Aubade. Les fameuses « Leçons de séduction » de la marque de lingerie féminine ont, en effet, de quoi faire chavirer. Des gros plans, en noir et blanc, sur des seins pigeonnants, des fesses rebondies, des peaux satinées, de fines dentelles épousant des courbes parfaites et puis quelques conseils non dénués d'humour : « Le prendre par les sentiments », « Neutraliser toute concurrence », « Poser le piège et attendre »... La longévité de la campagne est notable. La première « leçon » date de 1992. Elle a été déclinée depuis cette date en quarante-neuf visuels parus en presse magazine et en affichage.

Du noir et blanc pour oser plus

Ann-Charlotte Pasquier, PDG d'Aubade, se souvient de la genèse des leçons.« Nous avions conscience que la femme avait changé,raconte-t-elle.Elle aimait séduire parce qu'elle se sentait belle. Elle n'était plus un simple objet dans le regard de l'homme. »En charge de l'image de la marque, elle veut tourner la page des publicités initiées par son père, Claude Pasquier, fondateur d'Aubade en 1958. Depuis les années soixante-dix, les annonces s'adressent aux hommes. La séduction passe exclusivement par leur regard. En 1974, Aubade fait ainsi la promotion d'un soutien-gorge agrafé par devant qui « supprime le cauchemar de l'homme ». Dans les années quatre-vingt, les annonces sont signées « Aubade pour un homme ». Elles montrent, entre autres, un mâle debout, dominateur, posant la main sur l'épaule d'une femme allongée.

Ann-Charlotte Pasquier salue pourtant la fibre marketing de son père.« Il a mis en avant le plaisir de la lingerie,explique-t-elle.Jusque-là, un soutien-gorge restait très fonctionnel. »Et il n'a pas manqué d'audace. La première publicité de la marque, en 1968, est censurée : elle représente un couple, sur un lit défait, en plein jour, avec Aubade pour « complice discret ». L'annonce doit être remaniée avant parution : les rideaux sont tirés et on rajoute une alliance au doigt de l'amoureux... Le noir et blanc est déjà utilisé, comme les plans serrés, avec des visages hors cadre.« Dès les années soixante-dix, Aubade a voulu sortir du côté promotionnel en se dotant d'une dimension artistique,commente Ann-Charlotte Pasquier.Celle-ci apparente la marque à l'univers du luxe. Quant au noir et blanc, il permet d'oser plus. »

Pour mettre en scène une femme, maîtresse de son corps et sûre de son pouvoir de séduction, la PDG d'Aubade se met en quête d'une agence. Elle tâtonne, de 1986 à 1992, et ne trouve le ton juste ni avec Antelme Potel&Associés ni avec Publicis Étoile. Elle s'adresse alors à Éric Flimon, qui vient de fonder son agence, Colette&Flimon. C'est lui qui crée le concept des « leçons ».« Quand nous l'avons présenté au comité de direction de l'entreprise, seuls mon père et moi souhaitions l'adopter »,se souvient Ann-Charlotte Pasquier.

L'obstination finit par payer. Ils avaient misé sur le temps pour installer la campagne. Deux ans plus tard, c'est gagné. La leçon numéro cinq, « Feindre l'indifférence », lancée depuis 1993, donne enfin de l'élan à la marque, qui enregistre une progression de plus de 35 % de son chiffre d'affaires. Le modèle présenté, le Tanga de la collection Bahia, connaît un énorme succès. Il deviendra la référence d'Aubade. Mais Colette&Flimon ne survit pas à la loi Sapin. Ann-Charlotte Pasquier rachète le concept des leçons et le confie à Carlin International, qui s'occupe aussi des collections et du catalogue de la marque. Les photographes Hervé Bruhat et Hervé Lewis succèdent à Bernard Matussière. On n'arrête pas une affaire qui marche.


Information traitée dans Stratégies Magazine n°1253

DATES ET CHIFFRES CLÉS

1875.Création de Bernard&Cie, entreprise de gaines et de corsets.

1958.Lancement d'Aubade.

1968.Débuts en publicité.

1992.Première « Leçon de séduction », imaginée par Colette&Flimon.

1995.Carlin International reprend le concept publicitaire.

50 millions d'euros.Chiffre d'affaires 2001.

3,71 millions d'euros.Investissement médias annuel, France et étranger.

1 500.Nombre de points de vente distribuant la marque en France.

500.Nombre de salariés en France.

80 %.Part de la production décentralisée en Tunisie.

50 %.Part du chiffre d'affaires réalisé à l'étranger (70 pays).

Ann-Charlotte Pasquier : « Aubade fait partie du paysage »

Ann-Charlotte Pasquier est président-directeur général d'Aubade. Elle cherche à faire évoluer en douceur l'image de la marque.

Déjà quarante-neuf leçons ! Jusqu'où comptez-vous allez ?

Ann-Charlotte Pasquier.Tant que le public, que nous interrogeons très régulièrement, ne montre pas de lassitude, nous continuons. La saga Aubade fait aujourd'hui partie du paysage culturel français. Elle a d'ailleurs ses fans.

Comment faites-vous évoluer le concept ?

A.-C.P.Chaque photographe a apporté sa patte. Les premières leçons montraient une beauté très hiératique, très plastique, avec des gros plans serrés. Puis des mains, des bouches sont apparues. Davantage de mouvements aussi, de rythme, pour apporter une dimension plus humaine, plus émotionnelle.

Quel est votre rôle dans la conception des campagnes ?

A.-C.P.Je participe à toutes les prises de vue en veillant à ce que le photographe ne se limite pas au story-board de l'agence. Il faut de l'improvisation, du laisser-aller pour obtenir la bonne photo. Pour certaines, nous créons des modèles spécifiques, comme les jarretelles de la leçon numéro sept.

Les photos sont-elles retouchées ?

A.-C.P.Non, hormis un grain de peau, si nécessaire. Nous faisons de nombreux castings pour trouver le mannequin idéal. Certaines sont engagées pour une partie du corps. D'autres peuvent faire plusieurs séries, comme Vanessa Demouy.

Vous organisez une exposition, fin octobre, à la Bastille et publiez un livre collector, début novembre...

A.-C.P.Nous fêtons les dix ans des leçons. Mais nous cherchons, depuis longtemps, à faire vivre cette campagne en hors-médias et à créer des surprises pour les inconditionnels : économiseurs d'écran, calendriers, agendas, etc.

Entretien : D.M.

Envoyer par email Réagir à cet article Créer un lien sur votre blog Imprimer
Vos commentaires

Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire : Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

STRATEGIES SERVICES