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Sponsoring

Route du rhum : les Schumacher de la mer

08/11/2002

La voile intéresse de plus en plus les annonceurs, au point de modifier le paysage économique de ce sport. Sur le modèle de la Formule 1, les sponsors créent leurs propres structures et vont jusqu'à faire des skippers leurs employés.

Ce sont les Formule 1 des mers. Rutilants, parfaitement alignés dans le bassin Vauban, les grands catamarans étaient depuis quelques jours l'attraction du port de Saint-Malo. Tous ces bateaux prendront le départ de la septième édition de la Route du rhum les 9 et 10 novembre prochains. La comparaison avec les voitures de course ne se limite pas aux seuls regards admiratifs du public. Depuis quelques années, les équipages se structurent sur le modèle des écuries de F1 : la plupart des bateaux appartiennent au sponsor et non plus au skipper, devenu simple salarié de l'entreprise au sein d'une structure dédiée. Fujifilm, Groupama et Sodebo, par exemple, ont adopté ce modèle.

Esprit d'équipe et technologie

Le plus engagé dans cette nouvelle voie est Bayer. Le groupe pharmaceutique allemand est arrivé dans la voile en 2000 sous les conseils d'Havas Sports.« Nous cherchions un domaine porteur des valeurs de l'entreprise, à savoir l'esprit d'équipe et la technologie »,explique Isabelle Casse, responsable de la communication de Bayer France. Le groupe avait déjà investi dans le secteur auparavant.« Une expérience malheureuse avec Yvan Bourgnon »,confie un observateur. Cette fois-ci, afin d'éviter de nouvelles erreurs, Bayer décide de tout prendre en main et crée sa propre structure, le Bayer Sailing Team.

« Son montage est identique à une écurie de F1,remarque Pierre Giboire, président de Mer et Médias, agence de communication spécialisée dans la voile.Bayer possède son bateau, emploie son équipe technique et a construit sa propre base. L'entreprise a recruté un directeur de projet, Jean Maurel. Celui-ci avait notamment été chargé de choisir l'architecte du trimaran et son skipper. »Ce dernier sera Fred Le Peutrec. Dimanche, à Saint-Malo, c'est lui qui prendra la barre du multicoqueBayer CropScience,dont la construction a coûté 2 millions d'euros.« Nous avons essayé d'avoir l'approche la plus professionnelle possible en nous inspirant de ce qui se fait dans la Formule 1,confirme Miguel Sieler, président de Bayer France.Jean Maurel est, chez nous, ce que Jean Todt est chez Ferrari. Espérons que Frédéric Le Peutrec sera notre Schumacher. »Dotée d'un budget annuel de 1,1 million d'euros, Bayer Sailing Team emploie une douzaine de salariés.« Ainsi, nous avons une maîtrise totale du budget,poursuit Isabelle Casse.C'est une autre façon de fonctionner. »Bayer France a signé jusqu'en 2006. La société investit dans cette structure 70 % de son budget de communication corporate.

Tendance de fond

« Ce type de structure est une tendance de fond,indique Pierre Giboire.Le système est dicté par l'économie du sponsoring dans la voile qui s'internationalise et où, depuis peu, il y a de plus en plus d'argent. »Toutefois, aujourd'hui encore, les grands sponsors préfèrent une relation contractuelle avec une société dirigée par le skipper. Un fonctionnement utilisé notamment par la Britannique Ellen MacArthur, skipper du monocoque Kingfisher. Le sponsor britannique est propriétaire du bateau. L'entreprise qui possède, entre autres, les enseignes But et Darty, verse annuellement un million d'euros à Offshore Challenge, société indépendante cofondée par la navigatrice.« Kingfisher est un holding et donc une petite structure,explique Mark Turner, le second associé.Mais nos relations restent directes et très proches. »

L'entreprise, souvent seul maître à bord

Une approche similaire à celle adoptée par Sodebo et Thomas Coville. Présent dans la voile depuis 1998, le groupe agroalimentaire vendéen a, lui, carrément recruté son actuel barreur après une minutieuse étude de profil.« Nous avons tenté de définir le skipper idéal,souligne Pascal Cadorel, le directeur de la communication de Sodebo.Il fallait qu'il soit proche de nos valeurs, bon communicant et, bien sûr, bon sportif. »Suite à cette étude, Thomas Coville a succédé à Raphaël Dinelli, le premier barreur de Sodebo. Également propriétaire de son nouveau multicoque, Sodebo prévoit un investissement de près de 4 millions d'euros sur trois ans à compter de cette année. Cette solution intermédiaire est financièrement plus souple pour les navigateurs. Les charges les plus lourdes sont en effet prises par le sponsor, laissant au skipper les seules responsabilités sportives. Mais, dans ce modèle, l'entreprise reste bien souvent le seul maître à bord. Vincent Borde, le chargé de communication du bateauGroupamabarré par Franck Cammas, annonce clairement la couleur :« Nous pourrions être amenés, si cela se révélait nécessaire, à changer de skipper. »Un problème auquel l'assureur n'a pas encore été confronté : associé depuis novembre 1997 au navigateur, il vient de renouveler son accord avec lui jusqu'en 2007. Groupama, qui investit environ 1,3 million d'euros chaque année, construira un nouveau bateau en 2003.

Vents dominants : les contraintes marketing

Dans cette course aux sponsors dont les vents dominants sont dirigés par les contraintes marketing, il reste quelques irréductibles : les skippers armateurs, tel Alain Gautier. Le marin sera sur la Route du rhum à la barre deFoncia.Mais le bateau lui appartient. Le groupe immobilier n'apporte qu'un chèque et son nom sur ses coques.« Je dirige une société depuis douze ans qui gère mes intérêts et est propriétaire de mes bateaux et de ma base,explique-t-il.Cela me permet de conserver une totale liberté d'action. Par exemple, si mon sponsor se retire, je conserve mon bateau. »Mais, dans cette catégorie des francs-tireurs, Alain Gautier, avec son multicoque flambant neuf, fait un peu figure d'exception.« La plupart de ces navigateurs gérant aussi bien le chéquier que le tournevis et la barre ont des moyens limités »,tempère Pierre Giboire. Or, aujourd'hui, une Route du rhum ne se joue plus seulement sur le tempérament bien trempé de ses participants.

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