Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Institutionnel

Méribel surfe sur la pub

20/12/2002

La station savoyarde misesur le Festival du film publicitaire, qui se tient à la mi-décembre, pour lancer sa saison d'hiver et... exister face aux stations voisines et concurrentes.

Jean Becker, Jean-Paul Goude, Charlotte de Turkheim, Patrick Bouchitey, Catherine Jacob... La mairie de Méribel est plutôt satisfaite du « casting » de la seconde édition du Festival du film publicitaire, qui s'est terminée le 15 décembre par la remise du Grand Prix au film « Le Chantier » de Canal Jimmy (lire le palmarès). Avec quatre cents festivaliers, dont une soixantaine de journalistes accrédités, la manifestation se targue d'une fréquentation en hausse de 20 % par rapport à la première édition de l'an dernier.

Il faut dire que la station savoyarde a beaucoup misé sur ce nouveau rendez-vous du monde de la publicité.« C'est le plus gros investissement jamais consenti par la ville pour ce type d'opération »,déclare Jean-Marie Choffel, directeur de l'office de tourisme. De fait, cette année, Méribel a mis sur la table 380 000 euros, sans compter les investissements consentis en infrastructures, comme la réfection de la salle de spectacles (1,5 million d'euros).

La rentabilité au second plan

Au-delà de la manifestation proprement dite (projections, débats, cérémonies d'ouverture et de clôture), la mairie a mis un point d'honneur à rendre le plus agréable possible le séjour des festivaliers en mettant à leur disposition matériel de ski, voitures avec chauffeur (partenaire : MG Rover), chiens de traîneau, motoneige, karts sur glace, etc. La rentabilité financière de cette opération n'étant pas prioritaire, du moins à moyen terme.« L'an dernier, seules 12 % des personnes accréditées avaient payé leur inscription. Cette fois, nous avons atteint le chiffre de 33 %. Notre objectif est évidemment d'augmenter année après année le nombre d'accrédités payants »,explique Christian Cappe, délégué général du Festival et président de 2C Associés, concepteur et organisateur de l'événement. Mais la priorité se situe ailleurs.« Notre objectif, avec le Festival du film publicitaire, est de toucher des personnes à fort pouvoir d'achat afin, bien sûr, de leur donner envie de revenir à la station à titre personnel, mais aussi et surtout de les inciter à prescrire, au sein de leur propre société ou à leurs clients, l'organisation de séminaires et de conventions à Méribel »,confie Jean-Marie Choffel.

Animer la période creuse

C'est que la concurrence est vive. Dans le domaine des Trois-Vallées, où Méribel côtoie les stations de Courchevel, des Ménuires et de Val-Thorens, les rivalités ne datent pas d'hier. Soucieuse d'animer la période creuse précédant l'ouverture de la saison hivernale, Méribel a envisagé en 1990 de lancer un concours gastronomique ouvert aux grands chefs féminins. Mais la guerre du Golfe a stoppé le projet et, du coup, jeté un froid sur les relations entre la municipalité et l'organisateur. Dépité, ce dernier a vendu le concept, revu et corrigé, à Courchevel. « Femmes en or », manifestation récompensant des femmes de talent, a été lancé en 1993 avec le soutien, dès l'année suivante, de Whirlpool. Méribel ne pouvait rester inactive. Elle crée, la même année, un concours hippique sur neige parrainé notamment par Renault. Coût pour la mairie : 68 000 euros. Mais, trois ans plus tard, le constructeur se désengage au profit de la Formule 1. Méribel repart donc de zéro. Alors que la station a toujours réussi à animer sa période estivale avec un festival spatial et aérien dans les années quatre-vingt, puis avec le Drive des gourmets, compétition de golf sponsorisée entre autres par L'Occitane en Provence depuis l992, elle peine à trouver une manifestation pour lancer sa saison d'hiver. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Christian Cappe, qui affiche à son actif le Festival international du film de Luchon, le Festival des films de l'été à Saint-Malo ou le Festival international de musique et cinéma d'Auxerre.

Depuis deux ans, c'est donc le petit monde de la publicité qui est « chargé » de promouvoir la station. Reste à pérenniser l'événement, notamment en séduisant les publicitaires, public particulièrement difficile et versatile. Si nombre d'entre eux se sont déclarés satisfaits des animations parafestivalières, les critiques ont été plus acerbes quant à la manifestation proprement dite.« Le Forum des jeunes réalisateurs est une bonne idée, mais il gagnerait à être organisé avec davantage de rigueur. La présentation des " candidats " n'était pas vraiment à leur avantage »,déplore une productrice.« Pour la compétition, réunir publicitaires, producteurs, comédiens, réalisateurs et illustrateurs au sein du jury de la pub a-t-il un sens ? »,s'interroge un patron d'agence. Christian Cappe promet de tenir compte des critiques pour la prochaine édition. Toutefois, Méribel n'est pas destiné à supplanter Cannes et son Festival international de la publicité. Son but est plutôt d'offrir une occasion de « détente professionnelle » dans un cadre privilégié. Et ça, les publicitaires adorent.

Envoyer par mail un article

Méribel surfe sur la pub

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.