
27/06/2003 - Avec son Power Mac G5, doté d'un processeur hyperpuissant, Apple compte reprendre la main sur le marché professionnel.
Berlin, lundi 23 juin, 20 heures. Au sein de l'ultramoderne salle des congrès Axica, la retransmission en direct de San Francisco du discours de Steve Jobs, le patron d'Apple Computer, s'interrompt. L'orage qui vient de s'abattre sur la ville a endommagé l'antenne satellite. Flottement... La conférence reprend un quart d'heure plus tard, diffusée via Internet. Les six cents participants, dont deux cents journalistes européens, ne rateront pas l'annonce officielle par le gourou de la micro-informatique du lancement du Power Mac G5,« le premier ordinateur personnel doté d'un processeur 64bits qui en fait le plus puissant et le plus rapide au monde ».
Un investissement de 2,6 milliards d'euros
Ce nouveau processeur fabriqué par IBM (qui avait déjà conçu le G3), moyennant un investissement de plus de 2,6 milliards d'euros, permet de gérer deux fois plus de données simultanément que les processeurs traditionnels 32 bits.« Les processeurs 64 bits permettent au Power Mac G5 de franchir la barre des 4 gigaoctets et d'embarquer jusqu'à 8 gigaoctets de mémoire principale, soit quatre fois plus que dans un PC classique,résume François Rondeau, directeur des ventes d'Apple France.Grâce à sa mémoire plus importante et à son débit rapide de 6,4 Go/s, les professionnels pourront écrire de grands projets en mémoire quarante fois plus vite que sur un disque dur. »
L'annonce est de taille et confirme la volonté de la marque à la pomme de revenir en force sur le marché professionnel, où elle s'est essoufflée et a perdu des parts de marché depuis deux ans. Le G4, lancé avec Motorola en 1999 comme un supercalculateur, a montré ses limites et son incapacité à évoluer. Cette nouvelle génération de Power Mac était également vitale pour Apple, car les professionnels rechignaient à mettre à jour leur système d'exploitation, Mac OS 9, pour s'équiper en Mac OS X. Il y avait donc bel et bien urgence pour Apple à reprendre la main...« Jusqu'à présent, la preuve du renouveau d'Apple s'est vue sur le design avec l'i-Mac, l'interface et les applicatifs (gérer de la musique, des photos, graver des DVD, etc.). Notre talon d'Achille, c'était la puissance du processeur »,reconnaît Jean-René Cazeneuve, directeur général d'Apple France.
« Avec le G5, nous donnons à notre coeur de cible, les professionnels de la communication, de l'édition et de la création, de vraies raisons de mettre à jour leur machine »,soutient Pascal Cagni, vice-président Europe d'Apple. La marque vise particulièrement le marché de la vidéo (effets spéciaux, animation numérique), mais compte aussi prendre position chez les architectes et se renforcer dans l'industrie (imprimeurs, automobile, pharmacie, biochimie, etc.), de même que dans la recherche scientifique, en demande de supercalculateurs.« Le CNRS est l'un de nos plus gros clients en Europe »,souligne Pascal Cagni.
En direction du grand public, après avoir lancé l'i-Mac en 1998, Apple s'est engagé dans la musique en ligne avec l'i-Pod et i-Tunes music store. Pour les professionnels, c'est l'actuel lancement du G5 et l'annonce, pour la fin de l'année, d'un système d'exploitation plus intuitif et ergonomique (le Mac OS X Panther). Apple est donc de nouveau sur tous les fronts. Depuis six ans, la marque a augmenté ses investissements en recherche et développement, qui sont passés de 300 millions d'euros en1998 à 500 millions cette année. Sa part de marché en France est de 5 % sur le seul marché professionnel et de 3,5 % tous secteurs confondus. Son objectif est de doubler sa pénétration dans les trois à cinq ans. D'ici là, Apple aura sans doute fait des émules. Intel plancherait ainsi sur un processeur surpuissant.
Le G5 peut être commandé sur Internet (apple.com). Il sera livré à partir du mois d'août. Sa gamme professionnelle se décline en trois modèles : à 1,6 GHz (1 899 euros), à 1,8 GHz (2 499 euros) et un modèle biprocesseur à 2 GHz (2 799 euros). Le G5 fera l'objet d'une campagne à la télévision, dans la presse et en affichage, à la rentrée, orchestrée par TBWA à Los Angeles et à Londres. Dès cet été, la marque lance un plan de formation auprès de son réseau de distribution, qui a été réorganisé par spécialités et par secteurs d'activité (vidéo, calcul, édition, etc.).
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