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Pour une libération de la parole publique

Communication politique

11/12/2003 -

Depuis décembre, la communication politique est réduite à sa plus simple expression en vue des prochaines élections régionales et européennes, en vertu de la loi du 15 janvier 1990. Le collectif Démocratie & Communication veut briser « la loi du silence ».

La loi de 1990 réglementant la communication politique n'autorise les partis à mobiliser l'électorat... qu'en dehors des périodes d'élection (ici, campagne de l'UMP en janvier 2003)
La loi de 1990 réglementant la communication politique n'autorise les partis à mobiliser l'électorat... qu'en dehors des périodes d'élection (ici, campagne de l'UMP en janvier 2003)

La loi de 1990 réglementant la communication politique n'autorise les partis à mobiliser l'électorat... qu'en dehors des périodes d'élection (ici, campagne de l'UMP en janvier 2003)

Le séisme du 21 avril 2002 n'en finit pas de secouer le monde politique. Entre autres effets secondaires, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle ont notamment eu le mérite de rouvrir le débat sur la communication politique en France. Né au lendemain de ce coup de tonnerre électoral, le collectif Démocratie&Communication, qui réunit des publicitaires, des journalistes et des conseillers politiques, a décidé de s'attaquer à ce paradoxe de la vie politique française. La loi du 15 janvier 1990 (lire l'encadré) n'autorise à mobiliser l'électorat... qu'en dehors des périodes électorales.

« C'est une aberration,s'indigne Frédéric Maillard, dirigeant de l'agence Fmad et membre du collectif.En interdisant la communication politique en presse et en affichage plusieurs mois avant une élection, on pénalise les petits partis et les nouveaux entrants qui, en dehors des périodes électorales, n'ont pas les moyens de communiquer puisqu'ils ne bénéficient pas des aides financières légales offertes pendant les campagnes. »

Le filtre des médias

Un autre effet pervers de cette loi, depuis longtemps dénoncé par Thierry Saussez, président d'Images&Stratégie, également membre du collectif, est que« les hommes politiques étant privés de moyens autonomes d'expression, ils doivent s'en remettre au filtre des médias pour organiser leur communication ». Leur participation à des émissions de divertissement où le ridicule l'emporte bien souvent sur le débat de fond n'est pas le moindre des dérapages provoqués par le cadre réglementaire français.

Après des mois de discussions et de concertations en coulisse sur un sujet explosif sur le plan politique, le collectif Démocratie&Communication arrive enfin avec des propositions concrètes. Présentées officiellement à la presse le 11 décembre, deux sont notamment mises en avant.« Il s'agit en fait d'adaptations,précise Frédéric Maillard.Nous ne souhaitons nullement toucher à l'esprit de la loi de 1990, à savoir le plafonnement des dépenses, le contrôle des recettes et l'égalité des candidats et des partis pour le remboursement de leurs frais de campagne. »

Le collectif propose d'abord de moderniser les émissions électorales officielles à la radio et à la télévision. Strictement réglementées, ces dernières sont devenues des ovnis dans le paysage audiovisuel d'aujourd'hui, pour ne pas dire des repoussoirs... Permettre des formats de 30 ou 45 secondes aux heures de grande écoute et non plus après 22 heures et laisser la liberté de création et de production aux candidats sous réserve de visa du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sont les principales adaptations proposées. Les premiers tests pourraient avoir lieu à l'occasion des prochaines élections européennes, en juin 2004. Le CSA y serait plutôt favorable, mais reste à convaincre les partis politiques. S'ils ne s'y déclarent pas opposés, ils demeurent très prudents sur le sujet.

Repousser la clôture des campagnes

La seconde proposition concerne la réduction du délai d'interdiction de la publicité en presse et en affichage. Le collectif préconise une autorisation au moins jusqu'à l'ouverture de la période électorale. L'idéal, selon lui, serait de pouvoir communiquer jusqu'à une semaine avant le vote. Après tout, récemment, les sondages ont bien été autorisés la veille des élections. Sur la presse et l'affichage, la partie est toutefois loin d'être gagnée. Contrairement aux émissions officielles dépendant du CSA, ce volet-là doit passer par une modification du texte de loi. Sensible donc, mais le spectre d'un nouveau 21 avril fera peut-être enfin bouger les choses.


Information traitée dans Stratégies Magazine n°1306

LE CADRE LÉGAL

Art. L51-2. Pendant les trois mois précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, l'utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite. À compter du premier jour du sixième mois précédant le mois au cours duquel il doit être procédé à des élections générales, aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d'une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin.

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