
15/01/2004 -
Plus de 10 % des petits Français sont obèses. La situation des États-Unis, où 14 % des enfants souffrent de cette pathologie, est désormais à portée de fourchette. Le problème n'est pas encore devenu une priorité nationale, même s'il coûte chaque année à la collectivité plus de 2,5 milliards d'euros en dépenses de santé. Toutefois, l'heure est à la prise de conscience. L'opération « Ensemble prévenons l'obésité des enfants » (Epode) est exemplaire en la matière. En 1992, l'Observatoire des habitudes alimentaires et du poids (Ohap), fondé par des élus, des enseignants et des chercheurs, lançait une expérience unique au monde : l'étude Fleurbaix-Laventie Ville Santé, du nom de deux villes du Nord de la France ayant entrepris de mener pendant cinq ans une action pédagogique d'information nutritionnelle auprès des enfants.
« Le résultat a été plus que probant, puisque la prise de poids moyenne des enfants de Fleurbaix et Laventie a été stable pendant cette période, alors que celle des autres enfants de la région Nord-Pas-de-Calais était multipliée par deux »,note le docteur Jean-Michel Borys, coordinateur national de la campagne Epode.
Retombées presse
Fort de ce succès qui a permis par ricochet de modifier les habitudes alimentaires de l'ensemble de la population, l'Ohap a décidé de passer la vitesse supérieure. À la demande d'élus locaux, le programme vient d'être lancé dans dix villes de France (Asnières, Beauvais, Béziers, Évreux, Mézieux, Roubaix, Royan, Saint-Jean, Thiers et Vitray). L'initiative, dont la communication est gérée par Protéines, s'appuie sur deux partenaires privés : Nestlé (déjà présent lors du test de Fleurbaix et Laventie) et l'association Assureurs, prévention, santé (APS). Chacun y contribuera à hauteur de 250 000 euros par an pendant cinq ans, soit la moitié du coût total de l'opération. Le reste est à la charge des collectivités.
« Epode fait partie de notre démarche globale, consistant à intégrer la nutrition à tous les niveaux d'élaboration de la qualité de nos produits »,explique Simone Prigent, responsable nutrition de Nestlé France.« Pour les assureurs, qui n'ont jamais réussi à avoir une image positive, Epode est un moyen de montrer leur engagement citoyen »,ajoute Alexis Lehmann, le président d'APS. Tenus par une charte leur interdisant toute exploitation commerciale de ce partenariat, les deux « mécènes » comptent beaucoup sur les retombées presse pour soigner leur image.
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