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Production

Comment Marc Dorcel est devenu le prince du X

20/07/1998

Depuis vingt-deux ans dans le X, Marc Dorcel a imposé sa marque avec une recette immuable: le BCBP, c'est-à-dire le bon chic bourgeois pervers.

La sortie d'une vidéo Dorcel marche à tous les coups. C'est une valeur sûre, la dernière du X français», prétend-on àHot vidéo,le journal de référence du secteur. Force est de reconnaître que le groupe, toujours présidé par Marc Dorcel, affiche une insolente santé financière. Contrairement à la plupart de ses concurrents qui ont disparu au bout de six ou sept ans, sa société de douze personnes, Vidéo Marc Dorcel (VMD), revendique un chiffre d'affaires de 25millions de francs pour 1997, en hausse de 10% par rapport à 1996, et une marge nette de 8%.«Ma force tient dans mon catalogue»,reconnaît-il. Avec 450titres distribués, Marc Dorcel serait-il le Leo Kirch du porno? Il ne la renie pas, mais la comparaison le fait sourire... Il a commencé dans les camions, les quinze tonnes. Mais le virus de la légèreté l'a piqué en 1968. Marc Dorcel se convertit alors à l'édition de textes érotiques qu'il vend par correspondance depuis sa cuisine, puis de sa librairie de Pigalle. Sa première réussite,Ursula,sera diffusée à 30000exemplaires en cinq mois sans aucune publicité, avant de passer sous le sceau de la censure, alors redoutable. Marc Dorcel voit le succès du livre se tarir, quand les revues de charme américaines, entièrement retouchées au feutre et vendues sous Cellophane, s'arrachent. Il se lance donc dans les romans-photos pornos qui assureront son succès jusqu'à la fin des années 70. Entre-temps, la société française s'est libérée, accueillant à bras ouvertsEmmanuelleet les salles X. Ce n'est pas le cinéma qui séduit Marc Dorcel, mais un nouveau filon, inspiré par ses voisins réparateurs de magnétoscopes: retranscrire en vidéo ses romans-photos. Il suffira de 20000francs pour produire et réaliser la première vidéo X au monde.Jolies Petites Garcestrouvera 3000acquéreurs à 500francs pièce.«À l'époque, quatre films par an faisaient tourner une société,se souvient-il.Aujourd'hui, il en faut quatre par mois.»Un volume que Marc Dorcel n'est pas en mesure de fournir. La société ne sort que huit productions propres par an, sur lesquelles sont investis entre 600000 et 700000francs. Un gros budget pour cette industrie où l'amateurisme a trouvé sa place. Pour le reste, il achète des films étrangers sur lesquels il appose son logo, son fameux toucan bigarré, relooké récemment, célèbre dans trente pays, surtout en France, grâce à Canal+ le premier samedi du mois. Pour autant, si la télévision a dopé sa notoriété, l'attrait des chaînes numériques ou des autres services de paiement à la séance pour le X ne génèrent pas la manne financière attendue. Elle ne représente que 2millions de francs dans son chiffre d'affaires, contre 19millions pour la vente de cassettes. En moyenne, les chaînes thématiques acquièrent un film entre 10000 et 20000francs, quand Canal+ l'achète 185000francs.«Un prix ridicule par rapport à son audience»,estime Marc Dorcel. Ses productions sont pourtant recherchées, selon lui, pour leur «label de qualité».«Un beau casting, des décors et de la lingerie sophistiquée sont nécessaires, l'important étant que mes films reprennent les fantasmes érotiques et sensuels des couples français, ma cible principale»,précise-t-il.

Place à la diversification

À cela s'ajoute une certaine éthique: s'il y a toujours une version hard et une autre soft du même film, Marc Dorcel se refuse à tourner des films gays, sado-masochistes, zoophiles, voire violents. Mieux, le producteur«déclare ses acteurs».Du X respectable, doté d'un scénario, auquel il prétend porter la plus grande attention, même s'ils sont simplifiés pendant les tournages pour s'accorder autant au jeu des actrices qu'à leur piètre connaissance de la langue française. Des actrices qu'il chérit toutefois, puisqu'il a été le premier dans le X à en prendre une sous contrat, en 1995: Laure Sainclair, devenue l'ambassadrice de la marque.«Une star féminine dure trois ans au maximum, tandis qu'un acteur peut assurer pendant quinze ans»,explique-t-on chez VMD. Bref, le style Marc Dorcel plaît. Son bureau est d'ailleurs rempli de récompenses.«En 1996, nous avons tout raflé aux Hot d'or»,rappelle-t-il. S'il a réussi à négocier tous les virages dangereux du secteur - dernier en date, l'affaire Dutroux a eu pour effet le déréférencement des vidéos X en grande distribution -, il a même su assurer sa diversification. En 1991, il a ainsi lancé,«par goût personnel»,Fortitude,une série de documentaires qui compte une centaine de titres. En 1998, c'est le multimédia qui retient toute l'attention de son fils Gregory, en charge du marketing. Le premier film X est sorti en DVD, en attendant l'ouverture, prévue pour septembre, d'un site Internet, support«idéal pour doper la VPC et visionner des extraits».Des idées, la société de Marc Dorcel n'en manque donc pas. Certaines grandes banques ne s'y sont d'ailleurs pas trompées, en lui proposant à plusieurs reprises de rentrer dans son capital. À condition de rester anonymes, bien sûr...

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