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Comment Bruno Peyron a monté The Race

04/09/1998

Le skipper Bruno Peyron est en passe de réussir un formidable pari: organiser une course autour du monde «sans limites», dont le départ est prévu le 31décembre de l'an 2000.

Nouveau record pour la traversée du Pacifique, dans le sens Japon-États-Unis: 14jours, 17heures, 22minutes et 50secondes. C'est l'exploit établi le 17août par Bruno Peyron surExplorer.La performance n'est pas seulement sportive. C'est un fantastique coup de pouce pour l'entreprise dans laquelle le Baulois s'est engagé il y a cinq ans: fêter l'entrée dans le troisième millénaire avec une course autour du monde totalement hors normes qui réunisse le gratin mondial de la voile. L'histoire commence en décembre 1993. Bruno Peyron, tout juste auréolé du trophée Jules Verne obtenu grâce à un tour du monde bouclé en soixante-dix-neuf jours, donne une conférence de presse au musée de la Marine. Les journalistes, un peu ébahis, prennent connaissance du projet. Il tient en cinq points: une course du millénaire, sans limitation de taille et de jauge, réunissant les dix meilleurs mondiaux, à retentissement international, avec 2millions de dollars ( environ 12MF) à la clé pour le vainqueur. Le tout calé entre la Coupe de l'América et la Whitbread, les deux autres grandes épreuves de voile à renommée planétaire.«On m'a pris pour un fou»,se souvient simplement Bruno Peyron qui, visiblement, n'aime pas s'épancher. Il ne goûte guère non plus l'esbroufe et a loué, pour lui et son équipe, des locaux discrets à la Défense. En«visionnaire obstiné»,comme le qualifie Pierre Giboire (Mer&Média) en charge de ses relations presse, il préfère s'accrocher à son idée. Avec une méthode:«Surtout, pas de forcing. On ne peut pas reprocher à quelqu'un de ne pas comprendre aussi vite que vous.»Tout est dit. Et encore:«Il faut laisser du temps aux gens pour qu'ils adhèrent au projet. Comme disent les Anglais: "Timing is everything".»Au besoin, Peyron n'hésite pourtant pas à passer en force. Comme avec les organisateurs du Vendée Globe, la solitaire autour du monde dont la prochaine édition partira en novembre 2000, juste avant The Race. Pas question de bouger, répond en substance Bruno Peyron, qui a déjà dû décaler sa course-événement à cause de l'America.«Il a toujours aimé mettre des bâtons dans les roues»,commente un skipper français du circuit des 60pieds open. Un circuit avec lequel Peyron est en rupture de ban depuis 1990, après une bisbille lors de la Route du rhum. Depuis, il n'aura de cesse de sortir la voile française de son protectionnisme. L'idée d'une grande course internationale n'a pas d'autre origine.

Le troisième sponsor dévoilé en décembre

En 1994, il valide son projet dans le milieu des skippers, qu'il va voir à Southampton, lors de la Whitbread. Ce garçon très organisé passe ensuite à la deuxième étape: trouver des sponsors. Le budget global de The Race est estimé entre 130 et 150MF. Les sponsors, limités à trois, prennent en charge 60% de cette somme. 20% sont aux frais des sites de départ et d'arrivée - encore à choisir entre Marseille, Monaco, Lisbonne et Barcelone, avec une ligne fixée à Gibraltar- et 20% sont apportés par les partenaires et fournisseurs officiels- comme Volvo dont le Pdg français, Per Norinder, explique avoir été séduit«autant par le défi de monter cette course que par la course elle-même».Disneyland est le premier sponsor à s'embarquer avec Peyron en 1995. À en croire le navigateur, l'affaire s'est faite le plus naturellement du monde:«Philippe Bourguignon- patron de Disneyland à l'époque, ndlr-m'a dit que le Jules Verne avait été un exutoire pour lui. Maintenant qu'il avait redressé l'entreprise, il voulait l'associer à The Race.»Le deuxième sponsor arrive l'année suivante: la Mission pour la célébration de l'an 2000. Là encore, Bruno Peyron laisse venir à lui.«J'informais tout le monde, tout le temps. La Mission, à la recherche d'événements à intégrer à son programme, m'a contacté.»Le troisième sponsor n'est pas encore connu. En fin communicant, Bruno Peyron attend le salon nautique de décembre pour divulguer le nom de cette entreprise du secteur des télécommunications, sans doute Alcatel ou Thomson. Le contrat aurait été signé et annoncé en interne le 31août. Ce sponsor va utiliser l'événement comme une vitrine technologique. Car l'un des aspects les plus novateurs de The Race, c'est d'envoyer en direct une image de qualité Broadcast depuis n'importe quel point de la planète, grâce à un système de retransmission encore en test. Les skippers déjà en lice pour The Race - comme le milliardaire Steve Fossett qui détenait le précédent record du Pacifique - vont apprécier. Leurs sponsors aussi, qui trouveront là un moyen de rentabiliser l'investissement -de 8 à 10millions de dollars- nécessaire pour affréter un bateau compétitif

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