
12/05/2005 - Le changement de logo de l'Institut Curie est la partie visible d'une politique active de renforcement de son image et de collecte de fonds.
La figure tutélaire de Marie Curie veille depuis 1921 sur l'Institut de cancérologie qui porte son nom, dans le ve arrondissement de Paris. Mais pas au point de réduire le visage grave de la scientifique à un logo. L'une des premières décisions prises par le nouveau directeur de la communication, Christophe Piednoël, arrivé il y a six mois, a donc été de changer l'identité visuelle de l'institut. Confié à l'agence W&Cie, le projet aboutit aujourd'hui à deux anneaux enlacés, symbole de l'alliance du centre de recherche et de l'hôpital, qui fait l'originalité de l'établissement. Cette nouvelle identité permet à l'Institut Curie d'accroître sa visibilité sur le marché disputé de la collecte de fonds.« Nous sommes en concurrence avec les associations de lutte contre le cancer, comme la Ligue et l'ARC, mais aussi avec d'autres organismes de recherche, comme l'Institut Pasteur »,souligne Christophe Piednoël.
Sensibiliser les donatrices
Pas facile de mobiliser les donateurs sur un sujet de long terme comme le combat contre le cancer, surtout par rapport à l'événement exceptionnel du tsunami en Asie. «Chaque année, ce sont 280 000 personnes supplémentaires qui sont atteintes en France,rappelle le directeur de la communication,en raison de l'amélioration du dépistage, de l'allongement de la vie et de la dégradation des facteurs environnementaux. Il faut parler des progrès, sans discours angoissant. »
L'Institut Curie a signé un partenariat avec la joueuse de tennis Amélie Mauresmo, afin de sensibiliser les donatrices. Depuis deux ans, il organise l'opération Jonquille, une vente de fleurs jaunes, qui a apporté cette année 85 000 euros de dons. Il met en place des projets de mécénat d'entreprise, avec Simone Pérèle, Areva, Swiss Life.« Nous ciblons des marques féminines ou liées à la santé,précise Christophe Piednoël.On peut aussi imaginer un partenariat avec un fonds commun de placement dont les plus-values seraient réservées à des causes. »
L'alternative Internet
Cet ancien d'Ondeo, le pôle Eau de Suez, étudie également des possibilités d'appels aux dons sur Internet.« À l'occasion du tsunami, en Asie, ce sont les 50-60 ans qui ont le plus donné en ligne. Or, nos donateurs ont entre 50 et 80 ans. Toute la difficulté est de ne pas ouvrir un site Web trop tôt, avec une rentabilité aléatoire, ni d'arriver après tous les autres. »La collecte de fonds est une mécanique de précision. L'Institut Curie a constaté avoir plus de retours avec les mailings incluant un aimant pour réfrigérateur qu'avec son magazine très documenté.« Mais génèrent-ils autant de fidélisation ? »,s'interroge Christophe Piednoël. Car, si la prospection coûte cher, la fidélisation rapporte.
150 millions d'euros.Budget annuel de l'Institut Curie (100 millions pour l'hôpital et 50 millions pour le centre de recherche).
17 millions d'euros.Ressources propres de l'Institut Curie (8 millions de dons et 9 millions de legs).
23 millions d'euros.Objectif de dons et de legs d'ici à trois ans.
120 000.Nombre de donateurs actifs.
2,4 millions d'euros.Budget de communication annuel.
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