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Comment Euro RSCG Londres a redressé la barre

23/01/1998

La filiale du groupe français est classée à la première place des agences britanniques pour le montant des budgets gagnés en 1997.

Pour la première fois depuis cinq ans, l'agence londonienne gratifiée du titre envié de numéro un de l'année en new business ne s'appelle ni Saatchi&Saatchi ni M&C Saatchi. Il ne s'agit même pas d'un des grands noms locaux de la publicité. Le vainqueur est français et s'appelle Euro RSCG Wnek Gosper.«Vous voyez cette liste de clients sur le mur de mon bureau. Eh bien, il y a trois ans, elle comprenait à peine un tiers des noms que vous pouvez lire. Cette année, le plus gros budget que nous avons remporté est celui de la banque Abbey National pour toutes ses campagnes presse. Nous avons aussi ajouté à notre portefeuille les glaces Häagen-Dazs et plusieurs produits de Procter&Gamble, Cadbury et United Distillers. Le montant de nos billings a ainsi bondi de 42,4millions de livres(plus de 400MF, ndlr)en 1997. M&C Saatchi, deuxième au classement deCampaign,est loin derrière avec26,5millions de livres.»Brett Gosper (à droite sur la photo) est radieux. Cet Australien, ancien centre de l'équipe de rugby du Racing Club de France au temps de sa splendeur, a réussi son pari: redresser Euro RSCG à Londres. La carrière de ce charmeur au tutoiement facile et au français impeccable a débuté chez Ogilvy. Après un bref passage en Australie et six ans au siège parisien de l'agence, ce passionné du ballon ovale, divorcé et père d'un petit garçon de sept ans, abandonne la compétition pour se consacrer à son poste de directeur général adjoint de BDDP Paris. En 1994, soit un an après son départ en Allemagne pour lancer la filiale du groupe à Francfort, il reçoit un coup de téléphone qui changera sa carrière: Jean-Michel Goudard, alors patron de l'international d'Euro RSCG, l'invite à déjeuner pour rencontrer Mark Wnek (à gauche sur la photo), depuis 1993 patron de la création de la filiale londonienne du géant français. Les deux hommes s'entendent tout de suite comme larrons en foire.«Nous formons aujourd'hui une équipe unique dans le paysage publicitaire anglais. Nous ne sommes pas seulement des collègues qui empiétons sur les domaines d'activité de l'un et de l'autre, mais aussi des amis. J'étais ainsi il y a à peine quinze jours le témoin de son mariage»,se félicite Brett Gosper. Mais lorsque Paris lui demande de prendre la direction de l'agence à Londres après ce déjeuner fructueux, Brett Gosper hésite.«Euro RSCG n'allait nulle part en Angleterre. Elle était le fruit de la fusion de quatre entités et la presse locale la voyait rapidement faire faillite. En 1993, elle était la seule agence parmi les vingt plus importantes du marché à ne recueillir qu'une seule étoile sur cinq possibles dans le classement deCampaign.Après quelques nuits blanches, je me suis dit qu'à trente-quatre ans, je n'avais de toute façon pas grand-chose à perdre, et puis Euro RSCG Londres ne pouvait pas tomber plus bas. Mais j'accumulais les mauvais points: j'étais australien, je n'avais jamais travaillé en Angleterre et n'avais pas l'expérience de la direction d'agence»,se souvient-il. Avec Mark Wnek et un ancien d'Euro RSCG Grande-Bretagne devenu directeur général, Chris Pinnington, il négocie avec Paris l'acquisition d'un bon tiers du capital de l'entité anglaise du groupe. Puis les trois compères se mettent au travail.

Près de 1,8milliard de francs de budgets publicitaires

«Notre stratégie n'était pas de relancer une agence, mais d'en créer une nouvelle»,résume le rugbyman. Sur les cent personnes employées en 1993, les rescapés se comptent sur les doigts de deux mains.«Pour les recrutements, nous voulions trouver les stars du futur,explique le directeur exécutif d'Euro RSCG à Londres.A mon arrivée, je n'avais pas un CV sur mon bureau. Aujourd'hui, nous sommes parmi les cinq agences les plus demandées à Londres.»L'effectif est entre-temps passé à 190salariés. Tout est allé très vite pour Euro RSCG Wnek Gosper. Dès décembre 1994, l'agence remporte une partie du budget Abbey National. Puis viennent notamment le brasseur Bass, Intel, Sara Lee et les cafés Carte noire. En trois ans, le montant des budgets gérés par l'agence a bondi de 100 à 180millions de livres.«Quand je travaillais pour BDDP, nous étions l'une des agences qui gagnaient le plus de new business dans le monde et je crois avoir cela dans le sang. Pour remporter une compétition, il faut être le concurrent qui en veut le plus. Peut-être les clients ont-ils senti notre énergie, notre faim et notre simplicité. Nous ne faisons pas de théâtre comme certains autres, et puis nous avons bénéficié du réseau Euro RSCG dans le monde, notamment sur Intel»,explique Brett Gosper. La filiale anglaise d'Euro RSCG entame la deuxième phase de sa renaissance.«Gagner toutes ces compétitions de grandes marques nous a permis de créer un terrain sur lequel nous pourrons désormais mieux nous exprimer,résume le directeur aux épaules carrées.Nous allons nous focaliser sur notre travail créatif pour qu'il devienne excellent.»Après avoir prouvé ses capacités à décrocher de nouveaux budgets, Euro RSCG Wnek Gosper voudrait montrer en 1998 qu'elle est bien devenue l'une des agences londoniennes qui comptent, en remportant quelques prix publicitaires. Mais ça, c'est une autre affaire.

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