
19/01/2006 - Les jeunes créateurs profitent des défilés de haute couture pour se faire connaître. Avec l'aide souvent gracieuse de spécialistes.
Quelque 1 500 journalistes du monde entier seront à Paris du 23 au 25 janvier, pour assister aux défilés de haute couture printemps-été 2006. Un moment-clé pour les grandes maisons qui brillent au firmament du luxe, mais aussi pour les jeunes créateurs qui chercheront à séduire, à leur tour, les rédactrices de mode. Cette année, ils sont 36 à s'être glissés dans les mailles du calendrier de la Fédération française du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs qui fixe les dates, les heures et les lieux des défilés de haute couture. Ils sont aidés par des bureaux de presse spécialisés (2ème Bureau, Béatrice Manson, Michèle Montagne) et par une poignée d'agences expertes en conception et réalisation de défilés, dont La Mode en images et Reflex Event.
« Pour une jeune marque, cet événement est le seul moyen d'acquérir une visibilité internationale », explique Béatrice Manson dont l'agence gère, cette saison, les défilés de 6 jeunes créateurs. Les défilés haute couture sont en effet au nombre de 10, contre près de 300 dans le prêt-à-porter. À condition de confectionner des modèles luxueux et faits main, une marque aura plus de chances de sortir du lot.
Affaire de connaisseurs
Certaines partent avec de l'avance. Ce sont les « membres invités », des créateurs choisis et parrainés par les maisons de haute couture et qui ne manqueront pas d'éveiller la curiosité des journalistes. « Pour Christophe Josse, ex-assistant de Torrente, j'ai beaucoup de demandes et peu d'inquiétudes, indique Béatrice Manson. Il a créé l'événement avec sa première collection l'été dernier, et il est déjà membre invité. J'ai d'ailleurs obtenu ce week-end une double page dans Ouest-France. C'est un Breton, et il rêvait d'apparaître dans ce journal. » D'autres ont la chance d'être parrainés par le groupe Chopard, qui finance les défilés de plusieurs créateurs, dont la location d'une salle à l'hôtel Westin.
Dans les agences spécialisées, le bénévolat est parfois de mise. « Comme beaucoup, je travaille gratuitement pour de nombreux créateurs peu fortunés, tout simplement par passion et parce que je crois en leur talent », confie Béatrice Manson. Une générosité d'autant plus louable que les relations presse, pour ces marques, doivent être menées bien en amont. « Il faut, avant le jour J, envoyer des dossiers, présenter les créateurs, organiser des rendez-vous », ajoute-t-elle. L'organisation est un aspect primordial de ces folles journées. Les marques sont confrontées à un vrai casse-tête. Elles doivent, par exemple, opter pour des lieux et des horaires proches de ceux des grandes maisons pour faciliter les déplacements des journalistes. Soigner la susceptibilité des rédactrices de mode en plaçant les plus titrées au premier rang. Ou encore veiller à ce qu'elles apprécient les personnes assises à leurs côtés... Une affaire de connaisseurs, parfois cauchemardesque, mais le jeu en vaut la chandelle. Car un défilé de haute couture, c'est aussi une campagne de publicité internationale susceptible de favoriser les commandes de clientes fortunées voire, pour les grands groupes, de doper les ventes de produits grand public comme les accessoires et les parfums.
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