
16/03/2006 - Dopé par les avantages fiscaux et les actions de solidarité, le mécénat se développe en France. Les entreprises y ont consacré plus d'un milliard d'euros en 2005.
La France est-elle en train de rattraper son retard en matière de mécénat d'entreprise ? Lundi 13 mars, l'Association pour le développement du mécénat industriel et commercial (Admical) présentait une enquête réalisée pour la première fois avec l'institut de sondage CSA. Résultat : en France, 18 % des entreprises de plus de 200 salariés apportent en qualité de mécènes « plus d'un milliard d'euros » à divers projets et associations. Un chiffre « impressionnant », selon Roland Cayrol, directeur général délégué de CSA, compte tenu de la faible tradition française du mécénat d'entreprise. Jacques Rigaud, président de l'association, est plus mesuré : « C'est un chiffre ambivalent, car il nous permet de mesurer le chemin à parcourir pour que le mécénat progresse encore. »
Davantage de fondations
Le président de l'Admical reconnaît toutefois que cette discipline a le vent en poupe. « Il faut y voir l'effet direct de la loi du 1er août 2003 qui a, en pratique, doublé les avantages fiscaux de l'acte de mécénat, en même temps qu'il en a simplifié et clarifié les mécanismes », commente-t-il, tout en précisant que cette loi, si elle a été un accélérateur indéniable, ne peut être considérée comme déclencheur de l'acte de mécénat. Autre précision : l'enquête Admical/CSA, s'appuyant sur une nouvelle méthode de recensement, ne saurait être comparée aux précédentes études de l'association, réalisées auprès d'entreprises identifiées comme actives dans ce domaine. La dernière, datant de 2002, indiquait que les entreprises mécènes avaient investi près de 350 millions d'euros. Un chiffre qui n'a évidemment pas triplé en trois ans. Mais une autre étude, celle de l'Observatoire de la Fondation de France, diffusée cette semaine en parallèle de celle de l'Admical, est éloquente : dans son enquête sur les fondations d'entreprise, l'organisme note un fort développement de cette forme de mécénat, soit la création de 24 fondations en 2005 et 20 en 2004, contre 5 en 2003.
S'il se développe, le mécénat d'entreprise change aussi de visage. Alors que la culture, en 2002, arrivait encore en tête des disciplines soutenues par les entreprises, le mécénat de solidarité lui vole désormais la première place. Selon l'enquête Admical/CSA, 66 % des entreprises interviennent en effet dans ce domaine. Tendance de fond ou croissance due à l'élan de générosité engendré fin 2004 par le tsunami ? L'avenir le dira.
Autres tendances mises en lumière : l'implication croissante des PME dans le mécénat (53 % des mécènes sondés sont des entreprises de 200 à 499 salariés), ou encore le développement du mécénat de compétences : si 88 % des entreprises donnent de l'argent, 31 % mettent des salariés à disposition via différentes formes d'implication (bénévolat, parrainage, congés solidaires, volontariat, etc.). « Le mécénat est un formidable atout pour l'entreprise, conclut Jacques Rigaud. Non seulement il lui confère une image sympathique, mais c'est pour elle l'occasion de découvrir, de sentir les mouvements, les secousses et les tendances de la société, bien mieux qu'au travers d'une étude de marché. »
1 milliard d'euros ont été consacré en 2005 au mécénat d'entreprise.
18 % des entreprises de plus de 200 salariés font du mécénat.
57 % des entreprises mécènes sont implantées en province.
53 % des entreprises mécènes sont des PME.
31 % du budget global provient des PME.
72 % du budget global du mécénat émane du secteur des services.
55 % des entreprises mécènes bénéficient de la réduction d'impôt au titre de 2005.
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