
08/06/2006 - Dopé par la déduction fiscale et l'investissement important des parents envers leurs enfants, le marché de l'aide aux écoliers est très disputé.
Le marché du soutien scolaire tient de la ruée vers l'Ouest, avec ses mines d'or cachées : estimé à 2 milliards d'euros (étude Xerfi, juillet 2005), l'essentiel de celui-ci relève du travail au noir. Il a son prospecteur historique, les cours Legendre, fondés en 1957, et ses poids lourds : Acadomia, numéro un avec 2 millions d'heures de cours par an, qui est entré sur le marché en 1989, et Complétude, son challenger. Et une myriade de petits acteurs attirés par l'explosion des cours à domicile, qui se traduit par une croissance à deux chiffres (+40% par an depuis dix ans pour les organismes professionnels, selon Complétude). Il a ses nouveaux entrants : les plates- formes de services à la personne, galvanisées par la loi Borloo, mais aussi des professionnels de l'enseignement supérieur, comme le groupe Ionis, qui s'apprête à lancer ses offres. Son directeur général, Marc Drillech, analyse la « double révolution » de ce marché : « institutionnelle, avec la réduction d'impôt de 50 % » sur le prix des cours consentie aux foyers, et « culturelle », avec des parents passés « à l'heure japonaise ». Une compétition accrue qui conduit même les bons élèves à doubler les cours collectifs par du « training » pour prendre les premières places. Le soutien scolaire n'est plus réservé aux milieux aisés : le marché s'étend vers les CSP-, indique Julien Ratel, directeur général de Keepschool.
Qualité et confiance
Tous les acteurs du secteur conviennent du fait que l'avenir va se jouer sur la qualité et la confiance, pour lesquelles chacun fixe ses critères de prédilection. Qualité des professeurs pour les cours Legendre, qui n'emploient que des enseignants en activité et fournissent des prestations aux établissements scolaires. Certification ISO 9001 pour Complétude, qui table sur le bouche à oreille pour le faire savoir. Acadomia, dont le budget publicitaire frôle 20 % du chiffre d'affaires, comme le nord-américain Sylvan, présent dans 90 pays, joue sur la taille et la notoriété pour asseoir l'indispensable confiance. Le nouvel entrant Ionis, lui, joue malin : il va proposer aux étudiants de ses écoles de commerce de jouer les « grands frères » rémunérés, et épaulés par leurs professeurs pour rassurer les parents. Et montrer incidemment aux élèves « soutenus » le chemin de ses écoles.
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