
16/10/1998 - Tout juste vingt-quatre ans, un humour à couper le souffle, un univers pour le moins personnel... Réalisateur, musicien et dialoguiste, Quentin Dupieux vend en 1995 ses deux premiers courts métrages, Du Côté de chez Cinane et L'Albinos, à Canal+. Dès lors, cet autodidacte, qui filme tout ce qui bouge depuis l'âge de douze ans, va enchaîner les images avec détermination. Le chanteur de techno, Laurent Garnier, lui confie deux clips. Aujourd'hui représenté par Partizan Midi-Minuit, il tourne sa première publicité pour... no comment. Il prépare aussi un long métrage.
Un type se rend avec sa peluche de compagnie chez son ami garagiste. Ce dernier doit laver l'extérieur de la voiture. L'animal resté à l'intérieur ne supporte pas l'opération et part faire du stop sur la route... Voilà pour l'histoire.«Je fais de la house depuis quatre ans. Ce clip est celui qui correspond le plus à mon univers et, surtout, il est l'illustration parfaite de ma musique. Comme chaque fois que je tourne, je pars avec une caméra, mes potes, et j'écris l'histoire sur place, plan par plan. Ce que j'aime dans ce travail, c'est qu'il n'est pas gratuit. Ce n'est pas seulement un clip, mais aussi un court métrage.»De faux rockers font semblant de jouer de la techno pendant que le CD tourne. Irrésistiblement crétin.«On a réalisé ce clip en un jour et une nuit. Laurent en avait assez des histoires de quotas. Au beau milieu du concert débarque Ken Higelin (le fils), en commandeur qui interdit de chanter en anglais...»Un homme coiffé d'un sac poubelle mange. Un autre, une cagoule sur la tête, fait rebondir un ballon. Un troisième, le visage couvert de plastique, l'en empêche...«Ce clip est très lent, il compte vingt plans de vingt secondes. C'est en totale rupture avec le rythme actuel du genre. La construction rappelle la BD, les cases se suivent et ne se chevauchent pas.»Quentin Dupieux filme le tournage d'un film d'horreur dont il serait le réalisateur. Drôlatique.«J'ai un fantasme depuis l'âge de 12ans, je suis persuadé que je vais tourner un film d'horreur. Alors, j'imagine ce que ce serait... Et puis je suis ravi, ma caméra Arriflex, à laquelle je suis très attaché, est immortalisée.»
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