
11/10/2007 - L'arrivée de la haute définition sur le marché de la vidéo annonce un affrontement technologique et marketing entre grands constructeurs.
Le DVD vit ses derniers instants et sa succession s'annonce plus tendue qu'en 1995, lors de sa propre arrivée sur le marché. Les constructeurs avaient alors fait bloc pour soutenir cette innovation technologique. Cette fois, l'industrie vidéo vient de se lancer dans une de ses batailles dont elle a le secret. Deux formats vidéo s'affrontent dans cette course à la haute définition : le Blu-Ray et le HD-DVD (lire l'encadré). Derrière ces terminologies, de nouvelles technologies, avec chacune un clan de marques « supporteurs ». Du coup, l'enjeu marketing dépasse de loin celui de la technologie.
Afin de renforcer les actions de promotion de ces nouveaux formats, deux consortiums viennent de se constituer : « Blu-Ray Partners », comprenant Sony, Panasonic, Pioneer, Philips, Apple, etc. et l'« Advanced Interactivity Consortium » pour le HD-DVD, avec Toshiba, Microsoft, Intel, etc. « Le but du " Blu-Ray Partners " est de communiquer de manière globale sur le nouveau format dans les médias. Chaque marque conserve évidemment son indépendance commerciale », explique Stéphane Curtelin, chef du groupe TV et Home Video chez Sony. À l'approche de la période des fêtes, des campagnes de communication sont d'ores et déjà dans les tiroirs des deux camps.
Vidéo à la demande en embuscade
Quel format triomphera à terme ? Impossible pour l'heure de le dire, d'autant qu'Internet via le système de vidéo à la demande pourrait tuer dans l'oeuf ces nouveaux lecteurs de salon ! Pourquoi le consommateur s'équiperait-il d'un nouveau terminal alors qu'il a la possibilité de visionner directement des vidéos haute définition sur le Net ? « C'est une concurrence sérieuse, mais il s'agit du marché de la location, bien moins important que celui de la vente », estime Stéphane Curtelin, chez Sony. Selon GFK, le taux d'équipement des foyers en lecteurs de DVD est aujourd'hui de 82 % en France. Et même si le DVD n'est pas vieux, les constructeurs tablent déjà sur un renouvellement de ces lecteurs et minorent ainsi la menace Internet. Grands consommateurs de vidéo à la demande, les marchés japonais et américains en sont déjà à la deuxième génération de lecteurs haute définition.
Les studios Gaumont Vidéo, quant à eux, ont déjà fait leur choix : « Nous avons décidé de soutenir exclusivement le Blu-Ray Disc et de ne pas éditer nos films sur les deux formats », explique Nicolas de la Mothe, leur directeur. Le catalogue de films disponibles dans chaque format sera en effet capital dans cette bataille. Mais le HD-DVD a également des soutiens exclusifs de choix, comme Paramount. On devrait y voir plus clair après les fêtes de fin d'année, qui marqueront le véritable début des hostilités entre partisans du Blu-Ray et du HD-DVD.
Selon les spécialistes, le HD-DVD n'est qu'une simple évolution du DVD alors que la technologie Blu-Ray va plus loin, avec une mémoire bien supérieure et une qualité d'image impressionnante. Mais cette avancée a un coût : la fabrication du Blu-Ray est bien plus élevée que celle du HD-DVD, cette dernière utilisant les mêmes chaînes de fabrication que le DVD. Ainsi, le lecteur HD-DVD d'entrée de gamme de Toshiba coûte 349 euros, contre 600 euros pour la version Blu-Ray de Sony.
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