
10/04/2008 - Comment communiquer quand on est souvent stigmatisé par les défenseurs de l'environnement ? L'industrie automobile organise sa ligne de défense en ordre dispersé.
Ceux qui rêvent de voir disparaître nos grosses berlines vont être heureux. » Ironique, la nouvelle campagne d'Audi prend de court les associations écologiques tout en abordant le virage qu'ont négocié, peu ou prou, tous les constructeurs. « Recyclables à 85 %, nos voitures sont en avance sur les normes applicables en 2010 », assure Audi, qui précise que sa technologie permettra d'avoir des véhicules à 95 % recyclables avant 2015. Dernier exemple de la conversion du secteur au développement durable, cette annonce illustre la diversité des discours choisis. Quand d'autres parlent de CO2, Audi préfère évoquer le recyclage.
Même si tous restent discrets, chacun y va de son refrain. Non sans quelques libertés : selon une enquête récente, la quasi-totalité des publicités automobiles imprimées ne répondraient pas aux obligations de visibilité des mentions légales fixées par une directive européenne.
Autre initiative récente : celle de Land Rover, qui n'a pas particulièrement le profil du meilleur élève. Le constructeur de 4x4, qui s'est donné pour objectif de diminuer de 20 % les émissions de CO2 de ses véhicules d'ici à 2012, travaille sur un modèle hybride diesel qui ne dépassera pas 120 g/km, soit la moyenne légale fixée par la Commission européenne pour la vente de voitures en Europe à partir de 2012... En fait, pour se racheter une conduite, Land Rover mise principalement sur son programme de compensation carbone : construction d'éoliennes en Chine ou de systèmes hydroélectriques au Tadjikistan.
Création de labels
Du côté des constructeurs généralistes, il faut faire avec la difficulté de clignoter vert sur l'intégralité d'une gamme souvent très hétérogène. Peugeot, avec « Blue Lion », ou Renault, avec « Éco 2 », misent sur des labels de développement durable intégrant différents aspects de la question. Lancée en mai 2007, la signature « Éco 2 » implique ainsi le respect de trois critères relatifs aux émissions de CO2 (moins de 140 g/km), aux normes de fabrication (véhicules produits par des sites certifiés ISO 14 001) et au recyclage (au moins 5 % de plastique recyclé).
Cette démarche de labellisation, Toyota ne l'a pas adoptée. Le coleader mondial de l'industrie automobile mise sur ses produits et rien d'autre. En tout cas pour l'instant. Après la Prius, vendue à plus d'un million d'exemplaires, Toyota prépare pour début 2009 la sortie de son modèle IQ, qui devrait émettre seulement 99 g de CO2 au kilomètre.
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