
10/07/2008 - La communication est un axe majeur de la stratégie d'Arianespace. Chaque tir est l'occasion d'opérations de RP sur la base de Kourou, en Guyane.
Lundi 7 juillet, Ariane 5 a placé sur orbite deux nouveaux satellites, Protostar 1 et Badr 6, destinés à la diffusion de bouquets de télévision. Le succès de ce 184e tir consolide le lanceur spatial européen en tant que leader mondial sur son secteur. Un marché restreint : le nombre de clients potentiels s'élève au plus à une soixantaine d'opérateurs de satellites privés sur la planète. Autant dire que Jean-Yves Le Gall, président d'Arianespace, les connaît tous par leur prénom. Et pourtant, il investit chaque année entre 6 et 7 millions d'euros dans la communication. « C'est un poste fondamental, insiste-t-il. Si l'on connaît tous nos clients, ce n'est pas le cas de leurs investisseurs. Et il convient aussi de parler aux institutionnels. »
Soigner la réception
La communication chez Arianespace, c'est la responsabilité de Jacques Denavaut. Cet ancien spécialiste du marketing sportif est dans le groupe depuis vingt ans. Avec son équipe d'une dizaine de personnes, il est chargé des relations presse internationales et des relations publiques. Un poste « stratégique » aux yeux de Jean-Yves Le Gall. Concurrencée depuis 2000 par les lanceurs à bas prix russes et chinois, Arianespace a placé la qualité et les services au coeur de ses priorités. « La transparence dans la communication est essentielle pour démontrer que nous tendons vers le risque zéro », affirme Jean-Yves Le Gall, dont les clients signent des chèques d'une centaine de millions d'euros.
Pour rassurer, il a fallu démontrer aux clients potentiels que la Guyane, où est située la plate-forme de lancement de Kourou, ce n'était pas la jungle. Ainsi, chaque tir rassemble plus d'une centaine d'invités, clients, prospects, institutionnels et journalistes. Pour accueillir ces VIP, Arianespace a noué des partenariats avec des hôtels, des restaurants ou des loueurs de voitures. La société a aussi créé des sites de réception qu'elle a confiés en gérance. « Nous avons mis en place une charte stricte, comme les menus en anglais ou une qualité de service irréprochable », explique Jacques Denavaut. Des « plus » nécessaires pour séduire les opérateurs à la recherche d'une événementialisation du lancement de leur satellite.
Une grande partie du travail des équipes de communication d'Arianespace est l'anticipation. Elles doivent être préparées à tout. Même à l'échec, comme en décembre 2002, lors de l'explosion de la première Ariane 5. « Dans tous les cas, il faut informer et être parfaitement coordonné, indique Jacques Denavaut. Le président est le seul à s'exprimer et le silence n'est pas une solution. » À l'époque de l'accident, c'est justement la communication qui a sauvé Arianespace, selon lui. « Nous étions là pour dire que nous ne disparaissions pas du paysage. » Alors, avant chaque tir, une répétition générale est organisée. Le 7 juillet au soir, après le lancement réussi d'Ariane, dont la gerbe de flammes des propulseurs a illuminé le ciel guyanais, ce sont les bouchons de champagne qui ont sauté.
Arianespace est la branche commerciale du programme spatial européen. La structure, filiale du Centre national d'études spatiales, d'EADS et de l'Agence spatiale européenne, joue le rôle de producteur dans les programmes de lancement. Elle achète les fusées, s'occupe des tirs et commercialise les espaces dans les lanceurs auprès des opérateurs de satellites. Chaque contrat s'élève à une centaine de millions d'euros. Arianespace va, dès 2009, réaliser le même travail avec le petit lanceur italien Vega et la fusée russe Soyouz. Près de 360 millions d'euros sont ainsi investis dans la construction d'un nouveau pas de tir à Kourou.
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