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Comment Godallier vend les stars du football

30/01/1998

A quatre mois et demi de la Coupe du monde, les meilleurs joueurs français accumulent les contrats publicitaires. Olivier Godallier, le patron d'Athletes & Artists Management, est le relais indispensable entre footballeurs et annonceurs.

David Ginola, le play-boy du football français, touche 15MF par an à Tottenham, le club londonien où il joue. Un joli pactole, d'autant que son équipe se traîne en queue de classement. Une broutille en comparaison de la quarantaine de millions annuels engrangés avec ses contrats publicitaires. Grâce à sa belle gueule? Un peu, mais aussi grâce à Olivier Godallier (à droite sur la photo), son homme d'affaires, rompu aux techniques du marketing depuis son passage chez Proserv, une agence internationale qui vend l'image des tennismen. étranger au football il y a encore trois ans, cet homme d'affaires de trente-cinq ans a rattrapé le temps perdu. Mieux, il a dépassé tout le monde en créant un nouveau métier dans le football: agent marketing. Et une enseigne: Athletes&Artists Management (AAM), une SARL installée à deux pas de l'Étoile, à Paris, qui chasse les contrats de pub et de sponsoring pour des champions. Démarrée avec Ginola (à gauche sur la photo), son écurie s'est enrichie grâce au bouche-à-oreille avec quelques-uns des meilleurs footballeurs français: Youri Djorkaeff, Marcel Desailly, Fabien Barthez, Christophe Dugarry, Franck Leboeuf et Pascal Nouma. Les signatures pleuvent. Ginola a à peine le temps de taper dans un ballon, tant il est sollicité. En quelques années, il s'est lié avec des dizaines de marques, (Renault, Nike, Cerutti, Morgan, L'Oréal, Snickers...)«Pour lui, je ne prospecte plus,se félicite Godallier.Ça rentre tout seul. C'est impressionnant, et même dérangeant pour les autres.»

Sportif et produit en symbiose

Dans son équipe, personne n'est à plaindre. Desailly est sous contrat avec Adidas et a lancé une ligne de sous-vêtements; Barthez vient d'achever un spot pour Ferrero; Djorkaeff a convaincu, entre autres, Mennen, l'équipementier Lotto et Athena Run; Nouma vante les mérites du Loto Foot, défile pour Smalto et a enregistré un disque avec MC Solaar et Tonton David; tandis que d'Angleterre, Leboeuf appelle la France avec son télephone mobile Motorola et signe une chronique dans le prestigieuxTimes.«J'ai un bon carnet d'adresses,explique tout simplement Olivier Godallier, qui encaisse 20% de toutes les primes.Je suis en contact permanent avec la plupart des annonceurs et travaille avec toutes les agences de publicité et de promotion.»Il a par exemple convaincu Mennen et Devarrieuxvillaret de s'engager avec Youri Djorkaeff en les assurant qu'il s'agissait d'un bon placement, le joueur venant d'être transféré à l'Inter Milan, l'un des meilleurs clubs du monde. Un pari réussi.«Il est viril, sympa, a une image de performance. Il correspond à la cible Mennen,se réjouit Isabelle Lecoquierre, responsable commerciale de l'agence.En plus, il travaille avec Godallier que l'on connaît bien...»«Il faut trouver la symbiose entre le produit et le sportif»,argumente l'agent marketing. De bonnes lectures aussi.«J'épluche la presse business,Stratégies,celle de marketing direct, je traque les infos mais n'oublie pas la prospection.»Ni de combattre les idées reçues.«Certains décideurs croient que, financièrement, les footballeurs sont inabordables. D'autres ne pensent pas à eux, alors qu'ils jouissent souvent d'une forte notoriété et véhiculent des valeurs telles que le goût de l'effort.»Des qualités rares qu'il sait leur rappeler en les invitant tous les ans au David Ginola Challenge, une «compétition» de golf à vocation caritative.«Une rencontre entre sportifs, chefs d'entreprise et artistes autour d'un green.»Mais, prévient Godallier,«tous les footballeurs ne peuvent pas espérer faire de marketing».Revers de la médaille, on reproche à certains joueurs d'en faire trop.«Je suis décrié,ne cache pas Godallier.Pour le monde du foot, je suis un perturbateur, je suis nuisible. Pourtant, ces extras font partie de leur métier. Il est difficile de se vendre soi-même. Quand j'étais salarié, j'avais du mal à aller demander une augmentation.»Cette timidité a disparu, d'autant qu'avec la Coupe du monde, son activité s'est accélérée. Prochainement, cela risque même de se bousculer.«Il va y avoir de la déperdition,regrette-t-il.Il aurait mieux valu opérer une montée en puissance. Pendant longtemps, tout le monde attendait de voir ce que faisait le voisin. Maintenant, les demandes tombent tous les jours. Résultat: juste avant l'épreuve, sur douze minutes de messages, dix minutes trente seront consacrées au Mondial. On se souviendra du premier, c'est tout. C'est dommage!»

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