MARKETING COMMUNICATION MEDIAS
Marques
Agences
Médias

Date de parution :




-- Sélectionnez --
-- Sélectionnez --
Agriculture jardinage
Alimentation
Ameublement décoration
Annonces légales
Appareils ménagers
Audiovisuel photo cinéma
Automobile transport
Batiment travaux publics
Boissons
Corporate
Culture & loisirs
Distribution
Edition
Energie
Enseignement formation
Entretien
Ets financiers assurance
Habillement accessoires textile
Hygiene beauté
Immobilier
Industrie
Information Media
Informatique bureautique
Organismes humanitaires
Parrainage associatif
Publicités diverses
Publicité financière
Santé
Services
Telecommunications
Voyage tourisme

Plan de la rubrique Marques
Voir les dossiers Marques
Votre Flux Rss Stratégies Marques
Accueil > Actualités > Marques > Citroën : Les chevrons carburent à la pub
Page 1/2

Citroën : Les chevrons carburent à la pub

27/11/1998 - Le constructeur aux chevrons n'a eu de cesse de marquer sa différence avec une création publicitaire audacieuse impulsée depuis vingt ans par Jacques Séguéla.

Des cascadeurs. Une grue. Un élévateur. Vingt voitures montées les unes sur les autres pour former deux pyramides roulantes. Présenté il y a quelques jours, le dernier film de Citroën sur la suspension hydroactive de la Xantia a tous les ingrédients des campagnes à sensation du constructeur aux chevrons. On est certes loin des délires mégalos des années 80 où la Visa GTI décollait d'un porte-avions et l'AX s'offrait une virée sur la Grande Muraille de Chine. Mais la recette n'a guère varié:«La publicité chez Citroën consiste à présenter le bénéfice produit en le mettant en scène de façon étonnante, avec cette innovation, cette sensualité et cet humour latin propres à la marque»,résume Jacques Séguéla, qui verrouille le budget depuis plus de vingt ans. Le vice-président d'Havas Advertising, qui prépare un ouvrage consacré à l'histoire de«la marque de sa vie»,fait partie des trois hommes qui ont marqué la saga publicitaire du constructeur depuis sa création en 1913. Celui qui a ouvert la voie s'appelle André Citroën. Premier constructeur à mettre la femme en avant dans ses réclames, il lance dans les années 20 la Croisière jaune, premier grand raid automobile, et s'offre le plus grand support publicitaire du monde en illuminant de son nom la tour Eiffel de 1925 à 1934. À la mort du fondateur, en 1935, la marque entame une longue période de disette publicitaire qui ne s'achèvera qu'à la fin des années 50, avec l'arrivée de Robert Delpire.

L'ère Séguéla

Publicitaire hors normes, il est appelé à la rescousse par les deux nouveaux maîtres de la communication de la marque: Jacques Wolgensinger et Claude Puech. Citroën reprend goût à la publicité. Une période marquée dans les années 60 par une série de photographies sur la DS réalisées entre autres par William Klein, Robert Doisneau, Marc Riboud et Sarah Moon. À la fin des années 70, Robert Delpire jette l'éponge, désabusé par un métier dans lequel il ne se reconnaît plus. Il cède la place à son jeune collaborateur, un certain Jacques Séguéla, qui devient dans la foulée le S de la nouvelle agence RSCG. Sa première campagne pour la GS («L'antitapecul») lui vaudra les foudres de George Taylor. Le président de Citroën demande à Bernard Roux d'écarter du budget ce jeune hurluberlu. Ce n'est qu'en 1980, avec l'arrivée de Georges Falconnet à la direction commerciale du groupe, que s'ouvre vraiment l'ère Séguéla. Les deux hommes sont sur la même longueur d'onde, celle qui secouera les vieilles habitudes de la publicité automobile. Il faut étonner, innover... à tout prix. Jacques Séguéla inaugure la saga en prenant à contre-pied toute la profession. Alors que tout le monde fait travailler des photographes, il appelle l'affichiste Savignac. Résultat: le petit bonhomme qui s'envole au volant des chevrons fait un tabac. Le recours à des personnalités marquantes restera une constante des publicités Citroën. Toute la palette du showbiz y passe: des chanteurs (Julien Clerc pour le lancement de la BX en 1982, Grace Jones pour la CX GTI Turbo en 1986), des acteurs (Claudia Schiffer pour la Xsara en 1997), des réalisateurs (Jacques Becker en 1983 avec la Visa GT, Philippe Labro la même année pour la BX Diesel et Andreï Konchalowski en 1987 avec l'AX) ou des sportifs (Carl Lewis pour la Xantia Activa en 1995).

La croissance retrouvée

Cette starisation de la publicité aura donc même survécu au grand flottement du début des années 90. Une époque sombre de l'histoire publicitaire de la marque: Georges Falconnet malade, le constructeur perd de son audace publicitaire. Au même moment, RSCG, confronté à des difficultés financières, négocie son rachat par Eurocom. Le tout dans un contexte de crise économique. La création s'en ressent. Mais le sursaut ne tardera pas. Jacques Séguéla et Citroën décident de tourner la page de la publicité spectacle inaugurée en 1985 par le célèbre film des «Chevrons sauvages», conçu par le directeur de création Richard Raynal. La marque et la nouvelle agence spécialement modelée pour elle par Jacques Séguéla avec l'aide de Gilbert Scher et Christophe Lafarge, deux transfuges de DDB, redonnent un coup de fouet à la pub Citroën. Ce renouveau est synthétisé par la signature: «Vous n'imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous». Suit une rafale de campagnes déclinant le nouveau slogan sur la gamme désormais complète du constructeur avec quelques petits bijoux comme la Xantia et la scène du baiser ou l'AX et le bateau. Citroën retrouve le sourire et voit sa part du marché français passer de 11% en 1993 à 12,1% pour les véhicules particuliers. Mais, déjà, l'équipe Scher Lafarge s'essouffle et souhaite prendre le large. Jacques Séguéla crée une nouvelle agence: cette fois, ce sera Euro RSCG tout court. La direction en est confiée à Lucie Pardo, qui s'est illustrée sur le budget Renault chez Publicis, et Yves del Frate, qui suivait le budget à l'international.«L'automobile est un sujet qui suce la moelle, une agence ne peut pas traiter le même budget toute une vie»,justifie le patron de la création d'Havas Advertising.


Page 1/2
DATES CLÉS

1913. André Citroën crée sa société d'engrenages. 3juillet 1935. Mort d'André Citroën. 1948. Lancement de la 2CV. 1955. Lancement de la DS19. 1957. Le publicitaire Robert Delpire est appelé pour relancer la communication de la marque. 1976. Peugeot absorbe Citroën. Roux Séguéla Cayzac gagne le budget Citroën. 1982. Lancement de la BX. 1985. La campagne «Les chevrons sauvages» inaugure l'ère de la publicité spectacle. 1993. Nouvelle stratégie, nouvelle agence (Euro RSCG Scher Lenoir Lafarge) et nouvelle signature: «Vous n'imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous». Lancement de la Xantia. 1997. Lancement de la Xsara. 1998. Création d'une agence consacrée à Citroën, Euro RSCG, dirigée par Yves del Frate, un ancien de Scher Lafarge, et Lucie Pardo, de Publicis.

CHIFFRES CLÉS

76,5milliards de francs de chiffre d'affaires en 1997. 891000 véhicules vendus dans le monde en 1997. 10000 points de vente dans le monde. 3e marque d'automobiles en France, 7e européenne, 17e mondiale. 12,1% de parts de marché en France pour les véhicules particuliers. 842millions de francs bruts d'investissements publicitaires en France en 1997 (environ 1,5MdF à l'échelle européenne hors France). 50692 employés.

jean-marc savigné : Il faut laisser sa chance à la création

Jean-Marc Savigné, directeur de la publicité de Citroën, prône une création audacieuse et de plus en internationale, mais toujours tournée vers le bénéfice produit. Comment définiriez-vous le positionnement publicitaire de Citroën? Jean-Marc Savigné. La publicité de Citroën a toujours été basée sur une création parfois spectaculaire mais jamais gratuite dont la finalité est de servir le produit et le bénéfice qu'il peut apporter au consommateur en recherchant une connivence avec le public, notamment par l'humour. Notre discours a toujours privilégié la qualité du produit, il s'est rarement orienté vers une communication style de vie ou ambiance. Notre ligne de conduite a toujours été de laisser sa chance à la création, parfois même quand les prétests ne nous y incitent pas. Quel bilan pouvez-vous tirer de ce positionnement créatif? J.-M.S. Par le passé, Citroën a indéniablement marqué l'univers de la création publicitaire. Plus récemment, le relancement de l'AX ou les campagnes de la ZX et de Xantia peuvent également être considérés comme des réussites. L'impact est d'autant plus intéressant que nous sortons en moyenne une dizaine de films par an en Europe alors que nos concurrents en font chacun 15 à 20. La création d'une agence Euro RSCG sur mesure pour votre communication résulte-t-elle d'une demande expresse de Citroën? J.-M.S. En tout cas, pas d'une demande explicite. Mais cela coule de source, compte tenu de l'importance de notre communication. Par ailleurs, nous tendons à développer une création beaucoup plus internationale tant sur le plan de la réalisation que de l'exploitation. Le film avec Claudia Schiffer pour la Xsara a ouvert la voie. Et notre dernier film, «La Pyramide», pour la Xantia, s'inscrit dans cette nouvelle tendance. Entretien: A.D.

Envoyer par email Réagir à cet article Créer un lien sur votre blog Imprimer
Vos commentaires

Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire : Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

STRATEGIES SERVICES