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Médias

Comment Paul Amar a rebondi

26/02/1999

Débarqué il y a quatre ans de France2, Paul Amar est revenu cette semaine sur la chaîne en prime time présenter une nouvelle émission politique.

Le 25février, Paul Amar a fait son retour en prime time sur France2 pour présenterDirect,sorte de grand show dans la tradition des émissions politiques comme l'étaitL'Heure de vérité.Qui aurait pu parier sur un tel rebondissement après ses déboires avec la chaîne il y a quatre ans? Chacun a en mémoire le geste du présentateur du JT de France2. Alors qu'il recevait Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen, Paul Amar déposa une paire de gants de boxe sur la table. Une façon de provoquer la hiérarchie de sa chaîne? Le journaliste fut aussitôt suspendu d'antenne.«Cette histoire n'est qu'un épiphénomène. Je n'ai plus rien à dire là-dessus»,tranche-t-il, confortablement installé dans son bureau de France2, dans le 15e arrondissement. À l'époque, le journaliste se retrouve au chômage. Par chance, il vient d'écrire un roman,OEil de verre.Il en profite pour faire sa promotion. L'année suivante, en 1995, Alexandre Michelin, alors directeur des programmes de Paris première, lui tend la main. Il lui propose de présenter une émission quotidienne, le 20H.«Ce qui m'intéressait, c'était que Paul mette ses qualités d'interviewer politique au service d'une émission culturelle»,se souvient-il. Paul Amar accepte. À la manière des hommes politiques d'envergure nationale qui se rachètent une conduite sur le terrain, il atterrit donc sur une petite chaîne du câble. Non sans des réticences «professionnelles».«J'avais peur de me plonger dans ce monde,avoue-t-il.De ne pas trouver le ton juste face à des artistes qui sont à l'opposé des personnes que j'avais côtoyées jusqu'à présent. J'ai fait toute ma carrière dans le journalisme de guerre et politique. Le questionnement est incisif, rugueux, les rapports de force constants.»Le journaliste, face à ses invités-artistes, trouve ses marques. Il les invite à se confier avec bienveillance. Adieu les gants de boxe. Ses interviews ressemblent à des conversations intimes. Souriant et prévenant, il tente, dit-il,«d'établir un lien entre la vie et l'oeuvre de son invité».Il s'adoucit, retrouve la vraie vie, loin des combats et des prises de bec avec Jean-Pierre Elkabbach, son ancien président de France Télévision, qu'il ne cite jamais.«J'ai eu le sentiment de rajeunir de dix ans,confie-t-il.Mes copains m'ont pris pour un fou. Mais cela m'a enrichi. J'assimile ces rencontres à celles que l'on fait dans les trains. On ne se connaît pas, puisque je ne rencontre jamais l'invité avant, et on ne se reverra probablement jamais. Et pourtant, on se dit des choses très fortes.»Les scores d'audience sont excellents.«Derrière le présentateur du JT, on a découvert un homme d'écoute et un possible médiateur»,commente Jean-Baptiste Jouy, directeur d'antenne de Paris première, qui ne tarit pas d'éloge sur le personnage.

Défendre la veuve et l'orphelin

Le succès de l'émission n'échappe pas non plus à Étienne Mougeotte, vice-président de TF1. Il le contacte en 1996. Paul Amar accepte de réfléchir à un concept d'émission. Ce seraLe Monde de Léa.Un débat de société où le présentateur peut ouvrir le plateau de télévision à ceux qui n'y ont pas accès. Il confronte des Français en désaccord. En défenseur de la veuve et l'orphelin, il oblige les décideurs à tenir compte de l'avis de tous. En 1997, quand Guillaume Durand quitte LCI pour Canal+, Paul Amar refuse la proposition de Patrick Le Lay de lui succéder.«Je ne pouvais accepter et continuer en même temps le 20H,explique-t-il.Les émissions sont trop proches l'une de l'autre. Or, je ne voulais pas laisser tomber Paris première. Je suis par nature fidèle et reconnaissant.»La collaboration avec TF1 s'arrête. Le président de La Une n'apprécie pas le refus du journaliste... Incroyable mais vrai, deux mois après, Xavier Gouyou-Beauchamps, qui a succédé depuis à Jean-Pierre Elkabbach, lui propose de revenir sur France2. Paul Amar remonte alors son émission sur la chaîne publique, conservant son équipe duMonde de Léaet se permettant un clin d'oeil avec le titre de sa nouvelle émission,D'un Monde à l'autre.Cet homme plutôt«perfectionniste et altruiste»,selon l'une de ses collaboratrices, a retrouvé la cote.«Il sait instaurer un dialogue, être cet intermédiaire entre les Français et ceux qui les gouvernent»,souligne Pierre Henri Arnstam, directeur de la rédaction de France2. Au printemps dernier, la direction de France2 lui propose de reprendre le JT de 20H. Paul Amar refuse.«C'eût été accepter pour de mauvaises raisons. Je ne ressentais pas le désir impérieux de refaire cet exercice. Et certainement pas par vengeance», déclare-t-il. Paul Amar n'a jamais eu l'air aussi serein.«Paul est foncièrement humain. Sa dimension personnelle lui a permis de rebondir et d'évoluer. Son souci, c'est le public, et celui-ci le lui rend bien», témoigne Rachid Arhab, le présentateur du 13heures. Le premier de la classe est redevenu le premier de la classe.

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