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Comment La Trocante est devenue une galerie d'art

11/06/1999

La Trocante, c'est d'abord un réseau de dépôts-ventes. Depuis son opération Les Français s'exposent, reconduite cet été, c'est aussi la première galerie d'art de France.

Une galerie d'art ouverte gratuitement aux artistes du dimanche? Beaucoup en rêvaient. La Trocante l'a fait. Le spécialiste du dépôt-vente lance ce mois-ci la deuxième édition de son opération Les Français s'exposent. Son principe consiste à présenter dans les magasins La Trocante, tout au long de l'année, une sélection d'oeuvres d'amateurs. Cette fois, les peintres ou artistes en herbe sont invités à plancher sur le thème de l'an 2000. La première édition s'est terminée au mois de mars dernier par une exposition à la Galerie Paradis à Paris. On pouvait y découvrir quelque deux cents oeuvres d'amateurs de toute la France. Grâce à des annonces dans plusieurs magazines dontFemina hebdoetGala,plus de 500personnes, dont une cinquantaine de journalistes, avaient assisté au vernissage. Un tiers des oeuvres présentées a même trouvé preneur. Lancée dans une quarantaine de magasins, l'opération est désormais reprise dans les quatre-vingt-huit magasins du réseau La Trocante.

Attirer une autre clientèle

Tout a commencé par la volonté de son président Pascal Lescouzères de modifier l'image de l'enseigne, souvent réduite à la vente de vieux frigos et de meubles usagés.«Près de 80% des personnes qui viennent dans nos magasins ouverts le samedi et le dimanche sont des promeneurs. Profitant de ce phénomène, il nous a paru intéressant d'attirer un nouveau type de clientèle, plus aisé», explique Pascal Lescouzères, soucieux de dissocier son enseigne de l'univers du commerce de crise. Expert en tableaux anciens - il a ouvert en novembre dernier sa propre galerie d'art, Artémisia, rue de Penthièvre à Paris -, le patron de La Trocante n'a pas hésité un instant quand son agence de relations publiques Zap! lui a proposé au printemps dernier de créer dans ses magasins un espace d'exposition gratuit pour les artistes amateurs.«Selon une étude menée par le ministère de la Culture, plus de quatre millions de Français peignent, gravent ou sculptent pendant leurs loisirs», affirme Pascal Lescouzères pour qui la communication n'est pas un vain mot. Parmi les trois sociétés qu'il a créées avec ses deux associés pour répondre aux besoins des franchisés de La Trocante, il a lancé, en 1993 à Toulouse, une agence de publicité. Kaïman - c'est son nom - gère la communication du réseau mais également celle d'autres annonceurs, à commencer par France Télécom, le Conseil général de Haute-Garonne ou encore l'usine Motorola de Toulouse. Avec une bonne dose de relations presse et quelques milliers de mailings envoyés aux écoles et ateliers d'art, artistes locaux et magasins de beaux-arts, l'opération Les Français s'exposent a déclenché un véritable engouement. Plus de 1500candidats se sont présentés. Du coup, les organisateurs ont dû limiter le nombre d'oeuvres par artiste... Une fois les prix fixés, entre 200 et 6000francs, la vente peut commencer.«Nous avons vendu pas mal d'oeuvres. Cela nous a surtout permis de drainer énormément de monde grâce aux retombées médias qui ont annoncé l'événement», assure Bertrand Chanvrin, directeur de La Trocante de Bordeaux.

Un relais médias efficace

La totalité des dépôts-ventes participe à la prochaine édition. Avec, toujours à la clé,«une exposition à Paris des plus belles oeuvres découvertes dans les régions»,à l'exemple de celle de mars dernier, véritable point d'orgue médiatique de l'opération. À l'occasion de ce bouquet final, rien n'a été laissé au hasard. Aux côtés de l'incontournable programme de relations presse, quelque 2500courriers ont été envoyés à des écoles d'art, des artistes professionnels, des galeristes et des agences de publicité, sans parler des annonces parues dansL'Officiel des spectacles,PariscopeetFigaroscope. «Les retombées médiatiques tout au long de l'année aussi bien au niveau local que national -Le Monde, PrimaetVital,entre autres titres, ont parlé de cette initiative - ont permis de conforter le positionnement de La Trocante qui se veut, bien plus qu'un dépôt-vente, un véritable lieu de brocante, d'art et de chine», explique Stéphane Attal, directeur associé de l'agence Zap!. Selon Pascal Lescouzères, le budget total de l'opération ne dépasse pas le million de francs. La Trocante, qui affiche environ 392millions de francs de chiffre d'affaires en 1998, estime ainsi avoir pris une bonne longueur d'avance en termes d'image sur son principal concurrent, le leader du marché Troc de l'île.

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