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Presse

Murdoch passe la main

15/06/2015 - par Amaury de Rochegonde

Le groupe du magnat des médias australo-américain doit trouver un nouveau souffle dans le numérique, où il est singulièrement absent.

Cette fois, ça y est, à 84 ans, le milliardaire australo-américain Rupert Murdoch serait sur le point de passer à ses deux fils les rênes de son groupe audiovisuel, selon la chaîne CNBC. James, le cadet, aura la direction  opérationnelle de la 21st Century Fox, la branche audiovisuelle de l’empire. L’aîné, Lachlan, assurera, aux côtés de son père, avec lequel il avait un temps été brouillé, la présidence exécutive.

En Grande-Bretagne, on retrouve dans ce groupe la chaîne Sky News, le producteur Shine, qui s’est associé au néerlandais Edemol, et le bouquet de chaînes payantes B Sky B (détenu à 39,4%), également présent en Italie ou en Allemagne. En Asie, Murdoch possède la plateforme Star TV, qui produit notamment à Bollywood. Quant aux Etats-Unis, pour lesquels le magnat avait accepté de changer de nationalité, c’est le pays de la Fox, son légendaire studio hollywoodien qui a produit Star Wars ou Avatar, mais aussi de ses chaînes Fox News, Fox Sports ou encore National Geographic.

On le voit, le groupe de Murdoch est un empire mondialisé. En 2013, il s’est scindé en deux pour loger dans son ancienne structure, News Corp, sa centaine de journaux, de moins en moins rentables et dont le magnat a tendance à se débarrasser (il ainsi cédé 33 publications locales aux Etats-Unis en 2013). Depuis l’affaire News of The World, ce journal à scandales qu’il avait dû arrêter en 2011 après des écoutes téléphoniques illégales qui avaient coûté son poste à un ancien rédacteur en chef devenu conseiller de David Cameron, il n’y a plus guère que The Wall Street Journal, le quotidien des affaires racheté en 2007, qui intéresse vraiment Rupert Murdoch, car c’est un véritable outil d’influence.

Faiseur de roi… sauf dans l'internet

Même si le magnat pèse encore dans l’opinion populaire, avec des titres comme The Sun ou le New York Post, et s’il reste attaché au berceau australien des journaux paternels, il sait bien que la fabrique de l’opinion conservatrice anglo-saxonne passe par l’écran. On se souvient en tout cas que c’est toujours la mise en branle d’une incroyable force médiatique au service de Margaret Thatcher, Tony Blair ou de la famille Bush qui a toujours fait que Rupert Murdoch est à la fois honni, admiré et surtout craint de part et d’autre de l’Atlantique. En 2003, il ainsi mis la totalité de ses journaux ainsi que ses chaînes d’information Fox News et Sky News au service de la guerre en Irak en soutenant la version erronée de la présence d’armes de destruction massive entre les mains de Saddam Hussein.

Ses deux fils iront-il dans le même sens? Ce qui est sûr, c’est que ce côté faiseur de rois et idéologue de l’information a un peu détourné Murdoch des vrais enjeux numériques du XXIe siècle. En 2005, il a racheté à prix d’or - 580 millions de dollars - le réseau Myspace, que personne ne connaît plus. La même année, il déboursait 650 millions de dollars pour mettre la main sur IGN Entertainment, un site pour passionnés de jeux vidéo et de cinéma. Cinq ans plus tard, il tentait sans succès de lancer un quotidien pour Ipad. Le monde d'internet se fait depuis sans lui, même s'il est présent dans des sites d'annonces immobilières ou Storyful, une société irlandaise spécialisée dans l'extraction d'informations sur les réseaux sociaux.

Aujourd'hui, Rupert Murdoch s'attache à investir dans des valeurs sûres. En mai 2014, il consolidait sa branche d'édition Harper Collins avec le rachat, pour 300 millions d'euros, de la collection Harlequin, reine des romans à l'eau de rose qui a la particularité d'être fortement digitalisée (30% de certains titres sont vendus sous forme numérique).

Il y a un an, il tentait une vaste opération d'absorption de Time Warner pour 80 milliards de dollars. Un plan de «megamogul» auquel il avait dû renoncer après le mauvais accueil de la Bourse et devant l'hostilité de Time Warner.

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