
18/09/2008 - Agoravox, La Télé libre et Bakchich, qui vient de racheter De source sûre, développent une offre publicitaire commune. Dans la corbeille, un million de visiteurs uniques.
Ensemble, ils ont franchi le cap du million de visiteurs uniques. Sorte de Graal du Net, ce chiffre permet aux sites d'exister dans le paysage publicitaire. Bakchich, qui vient de racheter De source sûre pour moins de 30 000 euros, Agoravox et La Télé libre ont en effet décidé d'unir leurs forces, à savoir leur ton, leur énergie, mais surtout leur audience, pour constituer une offre publicitaire commune. Un temps pressenti pour s'appeler Stop Intox, et finalement débaptisé, ce couplage pourrait être assuré par Manchette Publicité, la régie de L'Equipe et du Parisien qui commercialise déjà Agoravox.
Si rien n'est encore signé, le principe est arrêté. «Nos sites partagent les mêmes valeurs tout en étant complémentaires», assure Xavier Monnier, directeur de publication de Bakchich.info. Le site, qui vient de fêter ses deux ans d'existence, occupe le créneau du mauvais esprit et des enquêtes tandis que De source sûre, sorte de revue du Web, surfe sur le divertissement et le format vidéo. À terme, la marque pourrait d'ailleurs disparaître, ou ne devenir qu'une rubrique du portail Bakchich.info, étoffé d'une offre TV. Quant à Agoravox, créé en 2005, il est le chantre du participatif. La Télé libre, lancée début 2007 par John-Paul Lepers (ex-Canal+ et France 5), se targue d'être un laboratoire d'une nouvelle forme de télévision.
Aujourd'hui circonscrite à ces quatre sites, l'offre publicitaire pourrait intégrer d'autres acteurs de l'information décalée sur le Web. «Nous essayons déjà de nous entendre entre nous, poursuit Xavier Monnier. Mais nous sommes ouverts au dialogue.» Le site Rue 89 a pour sa part décliné l'offre. Avec un million de visiteurs uniques enregistrés en juillet, selon Médiamétrie Net Ratings, le site se suffit à lui-même. «Nous souhaitons mettre en œuvre la stratégie élaborée en juin avec notre nouvelle régie, Hi Media», confirme Pierre Haski, l'un des fondateurs de Rue 89.
Pas les mêmes attentes
Le couplage publicitaire imaginé par Bakchich et consorts ne pourra pas combler tous les besoins de ses membres, qui n'ont d'ailleurs pas les mêmes attentes. Pour Agoravox, qui a été cédé en juin à une fondation, il s'agit ni plus ni moins d'atteindre l'équilibre. «Avec la fondation, nous ne sommes plus dans une logique de profit, souligne Carlo Revelli, son président-fondateur. La publicité devrait nous permettre d'être rentables alors que nous sommes proches de l'équilibre aujourd'hui, avec 370 000 visiteurs uniques selon Mediamétrie Net Ratings.»
Chez Bakchich, c'est une question de survie. Le site, qui fonctionne avec un budget mensuel de 60 000 euros et une douzaine de journalistes permanents, aurait mis la clé sous la porte s'il n'avait levé avant l'été près de 500 000 euros. De quoi tenir jusqu'à fin novembre. Du coup, le directeur de la rédaction, Nicolas Beau, continue de faire le VRP auprès de fonds d'investissements. «Avec cette offre commune, nous espérons couvrir assez vite la moitié de nos dépenses mensuelles, estime ce transfuge du Canard enchaîné. Parallèlement, nous développons la vente de contenus à de grands portails Internet.» »On essaie de passer d'une logique d'investisseurs à une logique de recettes», souligne Xavier Monnier, le directeur de la publication. Et ce ne sont pas les quelque 1 500 abonnés à la version hebdomadaire en PDF, prêts à débourser 35 euros par an, qui pourront remplir les caisses du média.
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Mots-clés :
couplage publicitaire, Bakchich, agoravox, latélélibre, Manchette Publicité
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