Pour Pascale Marie, directrice du Syndicat de la presse magazine et d'information (SMPI), «les éditeurs estiment que les coûts de la distribution sont compétitifs par rapport à nos voisins européens». Mais il faut, selon elle, aménager le système coopératif hérité de la loi Bichet par une nouvelle gouvernance en fonction du poids de chaque éditeur. Elle réfléchit aussi à demander une «sanctuarisation» des points de vente en centre ville, même si les loyers y sont prohibitifs.
Pour le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), l'essentiel est de lever des verrous et de donner un coup d'accélérateur à la réforme des NMPP. Parfois, il s'agit simplement de sensibiliser les maires de France au bénéfice qu'ils peuvent retirer d'un bon maillage des kiosques.
Aides à la presse: la fin du saupoudrage?
C'est une autre pierre d'achoppement possible entre les professionnels. Le rapport rendu récemment par Danièle Giazzi, secrétaire nationale de l'UMP (lire l'encadré), propose de recentrer les aides de l'Etat sur la presse d'information politique et générale. De même, la TVA à taux réduit (2,1%) pourrait-elle être circonscrite à certaines familles de presse, quitte à étendre son application aux sites Web? Cela n'inquiète pas outre mesure Pascale Marie, du SPMI, qui rappelle que les aides postales en Belgique ou fiscales en Grande-Bretagne ne comportent «quasiment aucune obligation de contenu».
Reste que le système des aides peut être réformé alors que l'enveloppe annoncée pour 2009 dans le projet de loi de finances (284,5 millions d'euros) baissera par rapport à 2008 (288 millions d'euros). L'aide à la modernisation de la fabrication passe notamment de 30 à 24,7 millions d'euros. Faut-il demander plus? «Je ne pense pas que nous soyons dans un contexte qui nécessite autant de subventions, commente Vincent de Bernardi, du SPQR. Il ne faut pas plus d'aides, mais il faudrait qu'elles soient mieux ciblées, mieux réparties et mieux contrôlées.»
Au Syndicat national des journalistes (SNJ), Dominique Pradalié estime que «l'argent ne va qu'aux riches, c'est-à-dire aux magazines». Face au maquis des aides directes et indirectes, le syndicat demande une remise à plat de ces enveloppes et la possibilité de siéger, paritairement, dans les commissions d'attribution. Sans oublier les critères sociaux: «Il faudrait que l'employeur s'engage à respecter les chartes de déontologie et le droit social.»
De son côté, François d'Orcival, président du Syndicat de la presse magazine d'opinion (SPMO), appelle à la consolidation des capitaux propres des entreprises de presse par un aménagement de la législation sur le mécénat: «Son application ne permet pas réellement aux dons de lecteurs d'être exonérés à hauteur de 60% de leur souscription.»
Droits d'auteur et numérique: touche pas à mon statut
La question du basculement de la presse vers le numérique sera bien sûr au centre des Etats généraux. Mais la prise en compte de ce nouveau modèle économique induit une refonte du statut de journaliste. En clair, démarquer le professionnel de l'information du support papier. «Il faut que les contenus puissent être transférés d'un support à l'autre le plus rapidement et le plus simplement possible", plaide Vincent de Bernardi (SPQR).
Mais à l'heure où Internet implique réactivité et production propre, les éditeurs estiment aussi nécessaire d'en finir avec des droits d'auteurs adaptés à la simple réexploitation d'articles papiers sur le Web. «Il est absolument nécessaire que les journalistes reconnaissent qu'il peut y avoir cession de leurs droits, afin de rester compétitifs face aux “pure players” de l'Internet", estime Pascale Marie (SPMI).
Une position qui fait bondir les syndicats des journalistes. «Les droits d'auteur font partie de notre statut. Ils induisent que nous avons un droit moral sur notre œuvre. Si nous ne sommes plus des auteurs, pourquoi les clauses de conscience ou de cession nous seraient-elles applicables?, lance Dominique Candille, du SNJ-CGT. En remettant en cause notre statut, on veut nous ériger en communicants, voire en simples porte-plumes.» Une opinion partagée par Dominique Pradalié, du SNJ: «En touchant aux droits d'auteur, c'est à nos droits moraux que les éditeurs veulent s'attaquer. Economiquement, la charge est plutôt faible: entre 100 à 700 euros par an.»
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