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Digital

«Les réseaux sociaux favorisent l'implication de la société civile dans le débat public»

20/04/2016 - par entretien réalisé par Cathy Leitus

Canal France International accompagne, via son label 4M, le développement des médias en ligne dans les pays du Sud et leur mutation vers les réseaux sociaux. Son colloque annuel se tient à Paris mercredi 20 et jeudi 21 avril et rassemble 200 acteurs des médias en ligne de 38 pays, sur le thème « Media et société civile, un engagement commun ». Explications de Julien Gueit, délégué à la communication et aux outils numériques de CFI

Que recouvre le thème  «Media et société civile, un engagement commun » de votre colloque cette année ?
Julien Gueit. Partout dans le monde, les médias en ligne et les réseaux sociaux renforcent les solidarités et l’esprit de citoyenneté en favorisant l’expression et l’implication de la société civile dans le débat public. Du Burkina Faso au Cambodge en passant par la Tunisie, la Syrie, l’Arménie ou le Kenya, les médias en ligne et les organisations de la société civile sont un moteur essentiel du changement sur les plans de la démocratie et de la bonne gouvernance. Mais si les journalistes n’ont plus le monopole de l’espace public, la société civile qui s’empare des sujets relatifs aux blocages politiques, aux questions sociales ou aux inégalités d’accès à des services publics, n’est pas nécessairement encline à travailler selon les mêmes exigences de professionnalisme pour collecter et diffuser des informations. Comment concevoir l’avenir des relations entre médias numériques, communautés en ligne et société civile? C’est l’un des thèmes qui sera discuté notamment avec Cheikh Fall, blogueur et chef de projet web, Africtivistes, au Sénégal; Arfi Bambani Amri, secrétaire général de l'Alliance of Independent Journalists d'Indonésie; Lina Attalah, rédactrice en chef de Mada Masr en Égypte;  Smockey, porte-parole de Balai Citoyen au Burkina Faso ou encore Thaw Zin Tun, de l'école de journalisme Myanmar Journalism Institute (MJI) en Birmanie et Edwy Plenel fondateur de Mediapart. Un autre thème sera abordé, celui de la structuration des médias en ligne et notamment la question des modèles économiques. 


Pour la première fois, l’EFJ est partenaire de votre conférence...
J.G. Avec Jacques Rosselin qui dirige l’Ecole du nouveau journalisme, nous avons mis en place une Newsroom qui va permettre à ses étudiants d’expérimenter leur métier en couvrant nos débats en live sur Twitter, Snapchat et Periscope, et de réaliser des interviews video pour Youtube. Ils sont encadrés par Pierre Boucaud et Tatiana Kalouguine, experts du journalisme web.


Revenons sur le projet 4M, comment est-il né ?
J.G. Canal France International, agence française de développement médias, filiale du groupe France Télévisions, soutenue par le ministère des Affaires étrangères, travaille depuis 25 ans avec plus de 150 partenaires des pays du Sud (Afrique, Monde arabe, Balkans, Caucase et Asie)  à travers des actions de conseil et de formation, des audits et des études. Le projet 4M (Quatrième média) est né en 2011 après les Révolutions arabes. Des acteurs très divers sont apparus dans le paysage de la production et de l'information en ligne. De nouveaux usages également. Blogueurs, journalistes citoyens, collectifs issus de la société civile ont rejoint les médias traditionnels en cours de transition dans le paysage de l'information numérique, impulsant ainsi une réflexion sur la structuration de ces nouveaux médias avec au cœur, l’enjeu de produire une information indépendante et de qualité. 4M accompagne et fédère ces acteurs des médias sociaux (quelque 8000 acteurs de l'information en ligne). Il s’agit de favoriser leur démarche de professionnalisation, leur mise en réseau pour une coopération «Nord/Sud» et «Sud/Sud», l'identification et la diffusion des innovations techniques et éditoriales  et de favoriser les occasions de se rencontrer entre eux. En cinq ans, nous avons  ainsi organisé 12 rencontres internationales, 12 forums et monté six projets pluriannuels.


Des projets de quel type ?
JG.  Ce sont des ateliers ouverts aux médias locaux après une sélection. Nous avons ainsi lancé 4M Machrek en 2013 et aidé pendant deux ans à se développer, aussi bien sur le plan éditorial, technique et financier, des acteurs de l’information en ligne au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Irak et en Palestine. Idem avec 4M Caucase. Via le projet Ebitcar Media, nous soutenons 19 médias en ligne de 9 pays arabes avec un budget de 2,3 millions sur deux ans. En Afrique,  nous aidons à l’expansion d’un écosystème de l’innovation média sur l’ensemble du continent  (54 pays  et 1,7 million d’euros de  budget) pour la nouvelle génération.


Quel bilan tirez-vous après 5 ans ?
LG. Evidemment tout est encore très compliqué et difficile sur le plan de la liberté d’expression, mais partout les médias en ligne continuent de se battre à l’instar du site Intifada en Tunisie qui a travaillé sur Panama Papers. Ou du Desk au Maroc. En terme d’innovation, on peut citer le JT rappé au Sénégal lancé par deux jeunes rappeurs qui fait un tabac sur Youtube et dont l’idée a été reprise au Vietnam avec 1, 5 millions de vues sur vietnamplus.vn. Ou l’agrégateur d’information en ligne que nous avons lancé pour permettre un même accès à l’information pour toutes les îles  d’ Indonésie. En Egypte, le média en ligne Bassita propose du clic founding pour aider au financement d’initiatives sociales en tant qu’acteur citoyen. Partout la société civile est un moteur du changement et la culture de l’open source et du partage se propage.

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