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Toujours branché

23/10/2008 - par Delphine Le Goff

Le magazine des nouvelles technologies Wired a résisté en beauté à l’éclatement de la bulle Internet. En 2009, il se déclinera en Italie et en Grande-Bretagne. En attendant la France?

Il est de ceux que l'on conserve jalousement, que l'on empile chez soi, numéro après numéro. Wired, le magazine des nouvelles technologies, n'a pas seulement des lecteurs: il peut se prévaloir d'une armée de fans. Ses aficionados italiens et britanniques auront bientôt accès à une version locale du magazine: Wired sera lancé en Italie en mars 2009, tandis que l'alter ego anglais sera en kiosques «dans la première moitié de 2009», comme l'annonçait Jonathan Newhouse, président de Condé Nast International, en juin dernier.

En France, le titre a fait son apparition sur le portail masculin menstyle.fr, qui regroupe des magazines édités en France, comme GQ, AD ou Vogue hommes, et d'autres publications absentes du marché français, comme Condé Nast Traveller. Intérêt de la manœuvre? «Accélérer l'introduction des marques de presse dans un pays», expliquait récemment Xavier Romatet, président de Condé Nast France, dans nos colonnes (cf. Stratégies du 09/10/2008). De là à penser qu'un Wired à la française pourrait voir le jour...

Cela ne va pas forcément de soi. Retour en 2000, en pleine bulle Internet: des petits frères de Wired inondent le marché français. On se souvient de Transfert, lancé en 1998 par Christophe Agnus, et de Futur(e)s, lancé en 2000 par un ancien de Libération, François Camé. Les deux titres ont disparu corps et âmes. «Ariel Wizman avait même lancé, en 1995, Interactif, sur les nouvelles technologies. Trop avant-gardiste, le titre a été très éphémère», se souvient Cyril de Graeve, directeur de publication du mensuel Chronic'art, qui s'intéresse de près à «la culture connectée».

Une qualité chère à produire

Contre vents et marées, Wired a résisté, tandis que des concurrents, comme Red Herring, ont depuis longtemps cessé de paraître, du moins dans leur version papier. Il a fêté ses quinze ans cette année et revendique 12 millions de lecteurs par mois. Quel est donc le secret de Wired?

Frédéric Filloux, cofondateur de 20 Minutes en France et éditeur pour la division internationale du groupe Schibsted, a rencontré les fondateurs du magazine au moment de son lancement, en 1993. Il a d'emblée été bluffé par les créateurs de Wired, le journaliste Louis Rossetto et Jane Metcalfe – dont le père, Robert Metcalfe, n'est autre que l'ingénieur américain inventeur du réseau interne Ethernet.

«J'ai rencontré, dans les locaux de San Francisco où se trouve toujours le magazine, une équipe extrêmement curieuse, très éprise de modernité», se souvient le journaliste. Il a d'ailleurs rencontré récemment le rédacteur en chef de Wired, Chris Anderson, auteur de l'une des bibles des épris de nouvelles technologies, The Long Tail (La Longue Traîne, éditions Village mondial), à l'origine tirée d'un article du magazine.

Frédéric Filloux a relaté cette entrevue dans le blog (Monday Note) qu'il anime aux côtés de Jean-Louis Gassée. «Dans son bureau, on trouve des tonnes de statistiques, de graphiques, raconte-t-il. Au début, je devais le voir une demi-heure: deux heures après, il me parlait encore. C'est un passionné, un malade de l'approche analytique... N'oublions pas qu'il a longtemps travaillé pour The Economist: ça vous forme un journaliste!»

La barre est haute pour ceux qui voudraient décliner le concept, notamment en France. «Les sites de “geeks” sont légion, y a-t-il vraiment de la place pour un titre papier?», s'interroge Cyril de Graeve. Selon Frédéric Filloux, le problème est ailleurs: «Wired et Vanity Fair partagent un problème, celui de la qualité! Les articles de ces deux titres sont extrêmement chers à produire...» Bref, on peut toujours rêver...

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