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Télévision

Crise ouverte à I-Télé autour de l'arrivée de Morandini

17/10/2016 - par AdR, avec AFP

La rédaction d'I-Télé a décidé ce lundi 17 octobre de se mettre en grève pour 24 heures après la décision de la direction de proposer aux journalistes de la chaîne, qui s'opposent à l'arrivée de Jean-Marc Morandini, de faire valoir leur clause de conscience, ouvrant droit au versement d'indemnités (un mois par année d'ancienneté). La motion de grève a recueilli quelque 85% de votes favorables, avec 114 voix pour, 7 abstentions et 4 contre. Pendant tout le week-end, le hashtag #jesoutiensiTele a été repris par de très nombreux journalistes et personnalités, comme par exemple Léa Salamé, ce qui a amené la direction de Canal+ à réagir par le hashtag #jesoutienslapresomptiondinnocence. Selon Libération, le directeur de la rédaction par intérim, Alexandre Ifi, s'apprête à quitter la chaîne.

La direction continue de soutenir Jean-Marc Morandini, invoquant le respect de la présomption d'innocence après sa mise en examen pour «corruption de mineur agravée» et «la solidarité avec les collaborateurs du groupe», a souligné Jean-Christophe Thiéry, président du directoire de Canal+ (maison mère d'I-Télé), dans une lettre transmise vendredi 14 octobre aux employés. Le projet de transfert des salariés de Direct Matin de la tour Bolloré, à Puteaux, vers iTélé à Boulogne-Billancourt, que s'est refusée à confirmer comme à commenter la direction de la chaîne, ajoute à l'inquiétude des journalistes de la chaîne d'information qui craignent une fusion des deux rédactions.

 

«Manque de moyens»

 

Les journalistes d'I-Télé se sont adressés directement jeudi 13 octobre à l'animateur lui demandant de ne pas venir «dans l'intérêt de tous». La chaîne, qui sera rebatisée C News le 24 octobre, a maintenu l'arrivée, prévue ce lundi, de sa dernière recrue qui a tourné vendredi après-midi un pilote de son émission d'actualité des médias avec plusieurs journalistes extérieurs à la chaîne. Ceux qui refuseraient de travailler avec ou près de lui pourront faire jouer une «clause de conscience», qui ouvre le droit à des indemnités.

Rarement utilisée, la clause de conscience peut être invoquée par un salarié d'une entreprise de presse quand il se trouve dans «une situation de nature à porter atteinte à son honneur, à sa réputation ou, d'une manière générale, à ses intérêts moraux», selon le Code du travail. Cette clause est ouverte jusqu'à la fin de la semaine et les salariés de la chaîne ont prévu de se réunir en assemblée générale ce lundi à 9h pour s'exprimer sur l'opportunité d'une grève. Elle ne concernerait pas uniquement l'arrivée de Jean-Marc Morandini mais aussi «le manque de moyens et l'absence de ligne éditoriale claire», a précisé la société des journalistes de la chaîne à l'AFP. Le syndicat SNJ-CGT a jugé «méprisante» dans un communiqué «la réponse de Vincent Bolloré», le patron de Canal+, tandis que le SNJ a vu dans cette clause «un non-sens juridique». «C'est aux journalistes de l'invoquer s'ils le souhaitent, et dans ce cas, que Vincent Bolloré mette juridiquement et financièrement ses paroles en acte», souligne le syndicat sur son site.

 

Tension continue à la rédaction

Déjà orageuses depuis la reprise en main de la chaîne par Vincent Bolloré, qui a pris le contrôle du groupe Canal+ en 2015, les relations entre la rédaction et sa direction ne cessent de s'envenimer, s'ajoutant aux graves difficultés économiques de la chaîne, qui devrait afficher 24 millions d'euros de déficit en 2016. Fin juin, l'annonce d'importantes réductions d'effectifs et de projets de publi-reportages avait provoqué une première grève. Il y a une semaine, l'annonce de l'arrivée de Jean-Marc Morandini avait donné lieu à une réunion tendue avec le nouveau directeur de la chaîne, Serge Nedjar, et à une motion de défiance votée par 92% de la rédaction.

Plusieurs journalistes décrivent une «ambiance délétère» au sein de la chaîne. Certains sont «résignés», d'autres «craquent», témoigne l'un d'eux. «Ca atteint des niveaux inimaginables, c'est vraiment dur», commente une autre. 

Alors qu'elle reste sous la barre du point de part d'audience (0,7%) face à sa concurrente BFM TV, qui en a plus du double, I-Télé doit pourtant se créer une nouvelle identité. La chaîne a perdu la plupart de ses têtes d'affiche à la rentrée, dont Bruce Toussaint qui animait la matinale. Certains journalistes craignent le développement d'une «Fox News à la française», la chaîne favorite des conservateurs américains. Le retour d'Eric Zemmour sur I-Télé serait cependant «une rumeur infondée» selon l'intéressé, joint par l'AFP. Après des propos polémiques en 2014, la chaîne avait mis fin à sa collaboration avec lui.

Jean-Marc Morandini, déjà mis en retrait des plateaux de NRJ 12 et des matinales d'Europe 1, a demandé de son côté qu'on le «laisse travailler» sur son émission d'actualité des médias. L'animateur est mis en examen dans une enquête pour corruption de mineurs, qui s'appuie sur les plaintes déposées par deux jeunes hommes, mineurs à l'époque des faits présumés. L'un aurait reçu des propositions sexuelles, l'autre aurait été invité à poser nu pour une séance de photos au domicile de l'animateur.

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