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Audiovisuel

Vivendi propose un protocole d'accord aux journalistes d'I-Télé

15/11/2016 - par La Rédaction, avec AFP

Les représentants des salariés et la direction de la chaîne I-Télé se sont quittés lundi 14 novembre au soir sans parvenir à un accord, mais les négociations marathon doivent reprendre ce mardi, alors que le gouvernement s'est invité dans ce conflit sans précédent dans l'histoire de l'audiovisuel depuis Mai 1968. «Nous n'avons pas encore de texte de sortie de crise, les discussions ne sont pas finies. Une nouvelle réunion est prévue demain», a indiqué lundi soir un représentant des salariés à l'issue de huit heures de négociations au «ton constructif» et avec «quelques avancées», selon lui.

Un nouveau protocole d'accord présenté aux représentants des journalistes avait été annoncé par plusieurs dirigeants du groupe à l'issue d'une réunion au ministère du Travail plus tôt dans la journée.

«Il y a une volonté de la direction de sortir de ce conflit. Il faut maintenant qu'il y ait des actes», avait souligné la ministre Myriam El Khomri, lundi 14 novembre, à l'issue d'une rencontre avec les dirigeants de Canal+ et de Vivendi. «La direction a déclaré vouloir prendre des engagements sur les trois points constitutifs de la garantie d'indépendance de la rédaction», soit l'édition d'une charte, la mise en place d'un comité d'éthique et la séparation des fonctions de directeur général et de directeur de la rédaction, avait indiqué de son côté la ministre de la Culture Audrey Azoulay, également présente. 

Parmi les nouvelles propositions: la nomination d'ici à fin novembre d'un directeur adjoint pour seconder Serge Nedjar, qui assure la double casquette de directeur général et de directeur de la rédaction, ce qui constitue l'un des principaux points de crispation des grévistes. Ce nouvel adjoint sera «issu prioritairement de la rédaction», a précisé Gérald-Brice Viret.

«Sur l'éditorial, on n'a pas beaucoup avancé. Il y a encore des points d'achoppement», a commenté de son côté un représentant du syndicat maison +Libres, regrettant «l'empressement» de la direction et estimant que «le seul point sur lequel on arrive à avoir des concessions, ce sont les conditions de départ».

Juste avant la réunion au ministère du Travail, les salariés avaient affiché leur «détermination» en reconduisant leur mouvement jusqu'à mardi midi pour un 30e jour. Débuté le 17 octobre, ce conflit dépassera donc en longueur celui qui avait paralysé Radio France en 2015 (29 jours). RFI avait connu en 2009 un mouvement plus long, qui avait perturbé son antenne pendant près de deux mois, mais sans entraîner de paralysie totale des programmes.

  
«Le vrai sujet est économique»
  
La prolongation de la grève a été approuvée par 84% des voix de la rédaction d'I-Télé, selon les grévistes. «Nous entrons dans notre cinquième semaine de grève, très déterminés et très unis», ont-ils écrit sur leur compte Twitter (@greve_i). Ils réclament toujours des garanties éditoriales sur leur indépendance, notamment une charte éthique, et la fin du double rôle assuré par Serge Nedjar, décrit comme «brutal» et qui cristallise une bonne partie des tensions au sein de la rédaction.

Les grévistes réclament aussi la définition d'un projet stratégique et éditorial «clair et précis» pour la chaîne d'information en continu, en graves difficultés économiques et en perte d'audience.

La mise à l'écart de Jean-Marc Morandini, animateur controversé mis en examen dans une affaire de corruption de mineurs, dont l'arrivée avait mis le feu aux poudres, est désormais passée au second plan des revendications.

«I-Télé perd depuis des années 25 millions d'euros par an. Le vrai sujet est économique, le reste ce n'est pas le sujet», a estimé pour sa part Stéphane Roussel. «Nous avons réaffirmé très clairement qu'I-Télé allait rester une chaîne d'information en continu de référence. Il n'y a pas du tout de projet de chaîne de divertissement», a-t-il assuré. Il a également précisé qu'une dizaine de personnes étaient parties de la chaîne et qu'une dizaine de départs étaient encore en discussion, mais «tous les départs seront remplacés», selon lui.

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