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Cinéma

Les films d’auteur se mettent à la SVOD

10/04/2017 - par Thomas Pontiroli avec AFP

En marge des géants Netflix et Amazon Prime Video et de leurs superproductions maison, se développe un modèle de vidéo à la demande sur abonnement faisant la part belle aux indépendants.

Un ciné-club ouvert à toute heure du jour ou de la nuit, sans bouger de chez soi. Destinés aux cinéphiles avertis, de plus en plus de plateformes de vidéo en ligne offrent des abonnements centrés sur les films d'auteur, une alternative aux géants comme Netflix qui proposent avant tout des séries.

«Notre cible est le public qui s'intéresse à une gamme de films plus large et plus diversifiée que l'offre hollywoodienne», explique Edward Humphrey, de l'Institut britannique du film (BFI), qui a lancé fin 2015 une telle plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD). Pour 4,99 livres par mois (moins de 6 euros), BFI Player permet de voir ou revoir une centaine de classiques.

De plus en plus de sites similaires proposent aujourd'hui, pour moins de 10 euros par mois, des catalogues de films d'auteur, de genre ou de patrimoine visibles sur un téléviseur connecté ou sur ordinateur/tablette. Les services de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) destinés aux cinéphiles sont déjà bien implantés dans le milieu anglo-saxon, qui a vu naître Netflix (90 millions d'abonnés dans le monde). Aux États-Unis, le groupe Turner a lancé en 2016 Film Struck, qui contient plus d'un millier de références tirées du cinéma d'auteur, indépendant, étranger ou des titres cultes.

La France pas en reste

En France, c'est l'arrivée fin 2014 de Netflix qui a donné un coup d'accélérateur à ce modèle, ainsi que la perte de vitesse de la chaîne payante Canal+, explique Jean-Yves Bloch, directeur général d'Univers Ciné. «Tout à coup, il y a eu de la place pour une offre de cinéma indépendant.» Lancé en 2007, Univers Ciné (5 000 titres disponibles) a commencé en proposant des films à la demande (paiement à la séance, sans abonnement). Le site, qui rassemble une cinquantaine de distributeurs et producteurs français, a ajouté une corde à son arc en lançant en début d'année Uncut, un site de SVOD qui propose une sélection mensuelle de 40 films. Parmi eux, beaucoup de productions françaises, mais pas seulement... et des pépites présentées en festivals.

Le public de la SVOD? «Des gens curieux, qui aiment le cinéma», souligne Jean Ollé-Laprune, cofondateur de Filmo TV (filiale du distributeur Wild Bunch). Par conséquent, «ça ne sert à rien de leur proposer une offre sans contenu éditorial fort». Pionnier français de la SVOD, Filmo TV offre chaque mois près de 200 nouveaux films et du contenu, allant d'une thématique Bud Spencer à des talk-shows sur le cinéma d'horreur.

Chronologie des médias

Si le marché se développe en France, il doit composer avec la chronologie des médias qui impose qu'un film ne puisse être vendu ou loué en vidéo à la demande (VOD) que quatre mois après sa sortie en salles. Dix mois après, il peut être diffusé sur une chaîne payante et seulement 36 mois après, être diffusé en SVOD. Résultat: les films les plus récents au catalogue datent souvent d'au moins quatre ou cinq ans.

Cette contrainte, s'ajoutant au piratage et à la concurrence, fragilise le modèle. Plusieurs acteurs ont disparu comme VODD, ambitieuse plateforme lyonnaise proposant notamment des films inédits en salles. Pour se distinguer, l'anglophone Mubi (100 000 abonnés, dont Martin Scorsese) a choisi de passer d'un catalogue de 1 500 titres à une sélection éphémère de 30 films par mois, différente selon les pays. L'idée était de mettre en valeur les films dénichés aux quatre coins du monde, explique la plateforme basée à Londres.

Les cinéphiles peuvent voir actuellement des films du Philippin Lav Diaz, du Danois Nicolas Winding Refn ou du Français Bertrand Bonello. «Notre but est d'attirer avec des films locomotives pour aller vers une cinéphilie plus approfondie», explique Anaïs Lebrun, de Mubi. Créée par Efe Cakarel, un ancien banquier de Goldman Sachs, la plateforme s'est également lancée dans la distribution de films, marchant sur les traces de Netflix et Amazon. Et n'exclut pas un jour d'ouvrir sa propre salle de cinéma.

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