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Quelles conséquences pour «l’affaire» Hanouna ?

24/05/2017 - par Caroline Bonacossa

Une semaine après la diffusion de son canular jugé homophobe dans lequel Cyril Hanouna piégeait en diffusant leur appel des hommes ayant répondu à une annonce sur un site de rencontres, l'animateur et la chaîne C8 semblent dans la tourmente. Le CSA les menace de sanctions et nombre d'annonceurs refusent d'être associés au programme. La diffusion de TPMP sans annonceur va-t-elle être maintenue?

Après avoir été plutôt offensif, dans un premier temps, annonçant dans le JDD qu’il «regrette que l'un des membres du CSA "ait utilisé Twitter pour faire du buzz sur cette affaire en rameutant des protestataires», Cyril Hanouna a rétropédalé et finit par s’excuser platement dans une tribune publiée dans Libération mardi 23 mai. La séquence a décroché un record, celui du nombre de signalements auprès du CSA : 32.500 signalements à 19h ce mercredi 24 mai. Du jamais vu, car le nombre de signalements électroniques en 2016, tous programmes confondus est de 37.266 en 2016 et de 8.429 en 2015. Le CSA a d’ailleurs publié un communiqué le mardi 23 mai annonçant le lancement d’une procédure pour sanction : «Constatant que cette chaîne avait déjà fait l’objet de deux mises en demeure pour méconnaissance du respect de la dignité humaine et encouragement à un comportement discriminatoire, le directeur général du CSA a transmis ce jour ces informations au rapporteur indépendant. En application de la loi, celui-ci, désigné par le vice-président du Conseil d’Etat, est chargé d’instruire les procédures de sanction. Ce n’est qu’à l’issue de cette instruction, dont le rapporteur est le seul maître du calendrier, que le Conseil, après audition, peut se prononcer sur une éventuelle sanction». L’arsenal des sanctions peut aller de manière graduée de la suspension de diffusion jusqu’au retrait de l’autorisation d’émettre pour la chaîne et être assortie d’une amende représentant au maximum 3 % de son chiffre d’affaires annuel, soit près de 4 millions d’euros.

 

Mais il semble que ce soit surtout la fuite des annonceurs qui ait incitée l’animateur à présenter de plates excuses. Aucun spot n’est apparu dans les écrans pubs de l’émission du mardi 23 mai. «C’est dès le week-end dernier qu’un de nos annonceurs, le plus prestigieux, a réagi» nous dit le responsable TV d’une agence média qui fait un parallèle avec le cas Morandini. Les marques n’avaient pas souhaité être associées au retour à l’antenne sur I Télé de l’animateur, suite à ses démêlés judiciaires. Depuis, l’homme n’est toujours pas revenu à l’antenne du groupe Canal +. «Aucun de nos annonceurs ne souhaite être associé à ce programme pour le moment, poursuit notre spécialiste. Un moment qui risque de durer jusqu’à la mi-juin».

Selon cet expert, il y a fort à parier qu’il n’y ait tout simplement aucun annonceur qui ne souhaite être associé au programme pour l’instant. Pas de quoi arranger les affaires de C8 qui vit de la publicité. Vue l’audience massive de l’émission, souvent autour d’un million et demi de téléspectateurs pour la diffusion du direct de 19h10 à 21h15, la chaîne est tributaire de cette manne de spots diffusées autour de TPMP et qui représentent près de 50% des recettes de la chaîne, souvent présentée comme «Hanouna-dépendante». Le manque à gagner pour hier pourrait avoisiner les 150.000 euros. Et cela risque de durer. «La régie de Canal + n’a opposé aucune résistance et n’a fait aucun commentaire lorsque nous lui avons dit que nos annonceurs ne souhaitent plus être présent dans l’environnement de l’émission. Pour ne pas les pénaliser financièrement, nous avons essayé de reporter nos budgets sur d’autres tranches de C8 mais seul le prime time offre une visibilité avoisinante, explique l'expert. Les responsables de C8 ne peuvent pas faire l’économie d’une réflexion sur la suite de la diffusion de leur programme». Vont-ils proposer d’abréger la saison dès mi-juin ? Le casse-tête diplomatico-financier ne fait que commencer. Et cette actualité risque d'accentuer un autre phénomène : le côté segmentant de l'émission. Avant même cette affaire, certains annonceurs étaient timorés pour être associés à TPMP, l'émission étant jugée beaucoup plus clivante que d'autres, comme Quotidien de Yann Barthès sur TMC, diffusé à la même heure. «A performance équivalente, il est plus compliqué de sponsoriser Hanouna que Yann Barthès, dont la discrétion en dehors des plateaux télé est très appréciée» nous confait un expert média récemment. L'affaire ne va rien arranger. 

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