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Audiovisuel

Le budget global de l'audiovisuel public revu à la baisse

15/09/2017 - par CD, avec AFP

L'équation se complique pour France Télé et Radio France : la ministre de la Culture a confirmé jeudi 14 septembre que le budget global de l'audiovisuel public baisserait de manière mesurée l'an prochain, pour contribuer à la maîtrise des dépenses publiques. «Le gouvernement précédent avait prévu dans les Contrats d'objectifs et de moyens signés avec les groupes de l'audiovisuel public une dépense qui augmentait en 2018. Mais compte tenu d'une situation très dégradée du budget de l'Etat, cette hausse n'est pas finançable. Cette situation financière, nous l'avons trouvée en arrivant et l'audit de la Cour des Comptes l'a clairement établie en juillet», a expliqué Françoise Nyssen à l'AFP.

«Le gouvernement a fait de la maîtrise des dépenses publiques une  priorité», et «effectivement l'audiovisuel public sera amené à contribuer à  cette maitrise des dépenses mais dans une proportion mesurée», selon la  ministre. «L'effort demandé sera de 36 millions par rapport à 2017, sur un budget  global qui se situe à environ 4,5 milliards, soit moins de 1 %. Et malgré cet effort, le budget de l'audiovisuel public en 2018 restera supérieur à celui de 2015 et de 2016», a-t-elle précisé. La répartition de l'effort entre les différents groupes de l'audiovisuel  public sera détaillée lors de la présentation du projet de budget pour 2018, à la fin du mois.

Cet arbitrage est cohérent avec les chiffres dévoilés mardi 12 septembre par Le Monde. Le quotidien avait rapporté que le gouvernement demandait de l'ordre de 80 millions d'euros d'économies l'an prochain aux sociétés du secteur, par rapport aux contrats d'objectifs et de moyens signés avec l'ancien  gouvernement, et qui auraient dû conduire à une hausse de leurs crédits. Des économies chiffrées par le quotidien à 50 millions pour France Télévisions, 20 millions pour Radio France, 5 millions pour Arte et «quelques millions» pour  France Médias Monde (c'est-à-dire France 24 et RFI). Ces groupes vont donc devoir trouver de nouveaux gisements d'économies, alors qu'ils ont déjà engagé des réductions de coûts. Plusieurs syndicats  craignent de nouvelles coupes dans les effectifs. De leur côté, les professionnels de l'audiovisuel redoutent que les budgets  alloués à la création de programmes ne soient rognés.

Réflexion sur la redevance        

«Nous maintiendrons les ambitions d'un service public fort et exemplaire,  en prenant en compte la mutation numérique et l'évolution des usages à travers  ses trois missions principales : informer, cultiver et divertir» a assuré Mme  Nyssen. Elle compte accompagner «les chantiers de transformation lancés par les  groupes du service public audiovisuel» et les appelle à «mutualiser les forces  et les initiatives» , à l'image de la création de la chaîne d'info franceinfo, née d'une coopération entre France Télévisions, Radio France, France 24 et  l'INA.

«Quant à la création, l'objectif du gouvernement est qu'elle soit  préservée. C'est une ambition partagée avec les groupes de l'audiovisuel  public qui sont des soutiens essentiels à la création culturelle», fait-elle valoir.  

Mme Nyssen a par ailleurs ouvert la porte à une éventuelle refonte à terme de la contribution à l'audiovisuel public, ou redevance télé, liée  actuellement à la détention d'un téléviseur et prélevée en même temps que la  taxe d'habitation. «La question de la modernisation de la contribution à l'audiovisuel public,  pour l'adapter aux nouveaux usages, est légitime mais mérite un débat. Tout le  monde le sait, la télévision ne se regarde pas seulement sur un téléviseur, la  radio ne s'écoute pas seulement sur un poste de radio, il y a les diffusions  numériques, le replay, les podcasts. En outre, la redevance est collectée en  même temps que la taxe d'habitation, par conséquent la réforme à terme de la  taxe d'habitation nous amènera à ouvrir une réflexion sur le sujet de manière  prospective», déclare la ministre. Sa réforme est souhaitée par les groupes audiovisuels. Le patron de Radio France, Mathieu Gallet, a déjà proposé qu'elle soit élargie à tous les foyers  fiscaux, mais en réduisant légèrement son montant (138 euros actuellement).

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