
27/11/2008 - La série J’irai dormir chez vous poursuit à la télévision sa déclinaison cinéma actuellement à l’affiche.
Antoine de Maximy est un Tintin reporter qui parcourt le monde équipé d'un drôle d'attirail vidéo avec l'idée fixe de se faire inviter à dormir chez les autochtones. Au détour d'un zapping sur Canal +, France 5 (1) et actuellement sur Voyage, vous êtes sans doute tombé sur sa série TV, J'irai dormir chez vous, produite par Bonne Pioche. Et sans doute avez-vous été séduit.
«Pendant plus de vingt ans, j'ai participé à des expéditions scientifiques, réalisé des documentaires nécessitant un gros travail de préparation et toute une équipe technique, explique ce globe-trotter de quarante-neuf ans. Et puis, j'ai eu envie de filmer de vraies rencontres. Un truc qu'on ne voit jamais à la télévision car on doit obtenir l'accord des gens avant de les filmer. Moi, je voulais capturer cet instant authentique, donc je devais être seul pour ne créer aucune distance.»
Comment filmer une rencontre sans tierce personne, pas même un cadreur? «En général, seul, on ne peut filmer que les gens rencontrés et c'est difficile à monter, explique-t-il. L'idée c'était donc de porter tout sur moi.» Spécialiste du matériel de prise de vue embarquée, la société Horus l'équipe sur mesure: une première caméra miniature fixée à l'épaule sur la bretelle d'un sac à dos pour filmer les passants, une deuxième installée au bout d'une tige, elle-même fichée dans un harnais ventral, pour se filmer lui-même de côté, une télécommande pour déclencher les enregistrements des deux caméras et une troisième au poing pour les plans plus larges.
Ancien reporter de guerre
Mali, Chine, Vanuatu, Israël, Japon, Émirats arabes, Éthiopie, etc. Antoine de Maximy a parcouru trente pays avec toujours la même feuille de route: un voyage de deux bonnes semaines, une visite dans trois lieux – une ville, un lieu touristique, un coin perdu – et l'espoir comme un jeu de se faire inviter. «Soyons clairs, je m'installe toujours à l'hôtel pour poser mon barda. Et puis, je réussis à me faire héberger de une à quatre nuits sur un voyage», raconte-t-il.
Des souvenirs, il en déborde. Le plus magique? Au Cambodge où il crée le contact en jouant de la musique avec un vieil homme. Le moins sympa? Au Québec, où un Inuit fumeur de cannabis lui casse sa caméra et l'oblige à décamper. Son concept: la découverte d'un pays à travers une atmosphère et donc des images sans commentaires et une sorte de légèreté bienveillante.
Antoine de Maximy incarne nos rêves de voyage, de rencontres et de liberté. «J'essaie sans peur de l'échec pour ne surtout pas avoir de regret. Cela me vient de mes parents artistes peintres, qui sont allés au bout de leurs idées et qui, même fauchés avec quatre gosses, avaient toujours table ouverte», raconte ce mauvais élève exclu du lycée en seconde qui décide de s'engager dans l'armée à vingt ans, «la seule solution pour intégrer le service cinéma ».
Ingénieur de son, il filmera les casques bleus à Beyrouth en 1980 et sera un temps reporter de guerre pour CBS News au Liban puis en Irak. Devenu documentariste et animateur de magazines TV (Animal Zone et Les Nouveaux Mondes sur France 2), il a filmé des chimpanzés en Gambie, plongé avec le Nautile dans le Pacifique, descendu en rappel des falaises de glace dans le Groenland.
Pour son long métrage J'irai dormir à Hollywood actuellement dans les salles, il est parti trois mois à travers les États-Unis. En stop, en vélo, en bus et même en corbillard, ce professionnel chevronné aux allures de doux dingue un tantinet cabotin en rapporte un road-movie épatant.
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