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«Il faudrait des états généraux de la fiction française»

22/01/2009 - À peine lancée, la société DHCV Productions, comme les initiales de David Hallyday et Cyril Viguier, a remporté l'appel d'offres de la future Web TV de Sanofi-Aventis. Rencontre.

Difficile de faire plus central... DHCV Productions, la nouvelle société multimédia de Cyril Viguier et David Hallyday, s'est installée rue Royale, à Paris, dans d'anciens locaux classés du célèbre Maxim's. De retour en France après plusieurs années aux États-Unis, où il a lancé, puis revendu Surf Channel, Cyril Viguier s'est associé à David Hallyday, «un ami d'enfance», pour créer une société de production de contenus. Avec l'ambition affichée, pour l'ancien directeur délégué de la Cinquième (France 5) et le chanteur auteur-compositeur, de renouveler le genre. Interview.

Votre société, DHCV, vient de gagner l'appel d'offres de Sanofi-Aventis. De quoi êtes-vous précisément chargé?

Cyril Viguier. Nous allons produire le contenu de leur Web TV dans le monde. Nous allons travailler avec François de la Brosse et François Sarkozy [médecin, frère du président] , qui sont eux plus spécifiquement en charge de la plate-forme Web.

Pourquoi vous ?

C.V. Peut-être à cause de notre profil de créateur et de notre esprit Hollywood ! Sanofi-Aventis est une énorme entreprise, avec une incroyable diversité de métiers, une présence mondiale, des agences de communication et d'achat médias. En même temps, elle est à la recherche, comme toutes ces grandes entreprises, d'un supplément d'âme créatif. Ils ont besoin d'une vraie télévision. C'est notre métier. On va leur produire des petites séries, un contenu spécifique, informatif, mais aussi distrayant. De plus, c'est compliqué pour les laboratoires pharmaceutiques : ils n'ont pas une très bonne cote auprès du public alors qu'ils sauvent des vies. Nous allons rendre leur métier un peu plus ludique.

Vous êtes rentrés des États-Unis pour créer DHCV avec David Hallyday. Quel est le positionnement de votre société?

C.V. L'idée était de lancer une boîte transversale sur tous les aspects de l'entertainment : la télévision, qui est mon métier, la musique, qui est davantage celui de David, le Web... On ne s'interdit rien. Le buzz est mondial, aujourd'hui, les entreprises ne peuvent pas se contenter de rester franco-françaises. Notre connaissance du marché américain est clairement un atout.

Comment vous êtes-vous rencontrés?

David Hallyday. Nous sommes des copains d'enfance. On s'est connu en vacances au Pyla, dans le bassin d'Arcachon. On s'est naturellement retrouvé à Los Angeles quand Cyril est venu lancer Surf Channel. Nous nous faisons une confiance aveugle, nous partageons les mêmes idées sur la création, les contenus... Je suis quelqu'un d'assez méfiant. Je n'aurais jamais imaginé créer une boîte de production multimédia sans Cyril.

Vous êtes musicien et chanteur. Le Midem vient de s'achever. Comment analysez-vous, justement, l'échec des grandes majors du disque, dont le chiffre d'affaires ne cesse de chuter ?

D.H. C'est dramatique. Elles n'ont pas compris que l'on ne pouvait plus vendre un disque de la même façon qu'autrefois. Une explication est la forme de banalisation de notre métier. Des émissions comme la Star Ac, contre lesquelles je n'ai d'ailleurs rien sur le fond, ont laissé croire que l'on pouvait fabriquer des artistes en trois mois, alors que c'est un processus de maturation lent et fastidieux, sur vingt à vingt-cinq ans. De plus, l'offre s'est considérablement étoffée. À l'époque de mon père, par exemple, il y avait beaucoup moins d'artistes. La télévision aussi a participé à ce processus de banalisation. Les artistes sont invités dans des talk-shows, on voit les mêmes partout, l'animateur vend leur album à l'antenne sans pudeur... Tout cela finit pas énerver le public. Aucun artiste n'a à y gagner.

Les artistes n'ont-ils pas eux aussi leur responsabilité ?

D.H. Certainement, même s'ils ne demandent pas toujours que l'on montre leur album à l'antenne. Il faut qu'ils comprennent que ce n'est absolument pas leur intérêt.

Comment inverser la tendance ?

C.V. Il faut inventer d'autres émissions, rompre avec cette promotion perpétuelle. On travaille justement sur un projet d'émission de variété pour le service public dont la promo serait bannie ! C'est d'ailleurs tout le concept.


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