
29/01/2009 - Le mandat de Jean-Paul Cluzel arrive à son terme en mai. Le président de la Maison Ronde affiche un bilan globalement positif, notamment sur les audiences des sept stations du groupe radio public.
Faut-il y voir une preuve supplémentaire de son humour, un signe de son cynisme ou un geste éminemment politique? À quelques mois de la fin de son mandat, prévu pour mai, le président de Radio France, Jean-Paul Cluzel, défraie la chronique en posant pour un calendrier de soutien à Act Up. Sous son masque de catcheur et les tatouages qui recouvrent son torse, difficile de ne pas reconnaître celui qui s'est toujours défini comme «gay, libéral et catholique». De là à résumer son bilan à ce «buzz», il n'y aurait qu'un pas que ses détracteurs sont sans doute avides de franchir.
Mais Jean-Paul Cluzel n'entend rougir ni de son homosexualité à l'heure des débats sur la diversité, ni sur le bilan de ses cinq ans à la tête du groupe radio public. Du côté des audiences, force est de constater que les sept stations ont plutôt bien résisté à une concurrence féroce.
Ainsi, France Inter est restée stable, avec une audience cumulée de 10,7% au premier trimestre 2004, avant son arrivée, contre 10,6% lors de la dernière vague de la 126 000 Radio de Médiamétrie, pour la période novembre-décembre 2008. Même si l'étude révèle une légère érosion de la part d'audience (9,1% aujourd'hui, contre 9,6% début 2004), il convient de prendre en compte la remontée de RTL, redevenue première radio de France sous la houlette d'Axel Duroux, et l'irrésistible ascension de RMC.
France Info aussi s'est maintenue autour de 10% d'audience, en dépit d'un environnement concurrentiel protéiforme avec Internet et les chaînes télé d'information en continu.
Quant à France Culture, elle s'est redressée, après une remise à plat. France Musique reste sans doute le demi-échec de Jean-Paul Cluzel, la chaîne cédant encore du terrain à sa rivale Radio classique. Du côté des locales, France Bleu, dirigée par Christiane Chadal depuis un an, n'a pas encore exploité tout son potentiel. «Et les salariés sont inquiets d'une uniformisation du réseau», renchérit Hubert Huertas, délégué SNJ.
Travaux en cours
«Radio France est le premier groupe radio sur les critères d'audience cumulée et de part d'audience. Quand je suis arrivé, nous étions au coude-à-coude avec le groupe RTL», commente pour sa part l'intéressé, qui se verrait bien rester encore cinq ans dans son bureau au design créé par Ludwig Mies Van der Rohe. Lors de la présentation de ses vœux, début janvier, Jean-Paul Cluzel n'a d'ailleurs pas hésité à évoquer ses projets, baptisés Horizon 2015. «Il s'agit de préparer au mieux notre transition vers un monde numérique de plus en plus concurrentiel», poursuit-il.
Le tableau de ce quinquennat n'est toutefois pas monochrome. Comme le souligne un membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, «Jean-Paul Cluzel accuse le coup sur le chantier de la Maison Ronde». Retards, dépassement de l'enveloppe budgétaire estimé aujourd'hui à 320 millions d'euros: les travaux font aujourd'hui figure de serpent de mer. «Nous avons respecté l'enveloppe budgétaire allouée, à 10 à 15% près», se défend le PDG.
S'agissant des relations sociales, «le bilan est globalement positif, selon Hubert Huertas, même si la multiplication des dossiers exigerait une armée de syndicalistes à temps plein.» Encore faut-il que le président de la République confirme, puisque c'est la nouvelle règle, le président dans ses fonctions. Rien n'est moins sûr, notamment au vu de l'âge de Jean-Paul Cluzel qui fête ce mois-ci ses soixante-deux ans, la limite fixée par le conseil d'administration étant de soixante-cinq ans. À moins que Nicolas Sarkozy veuille bien jouer le jeu de l'ouverture jusqu'au bout.
louisechabani
Un bilan globalement positif a la Présidence de Radio France ah bon ? Puis M Cluzel en catcheur, affirmant tout aussitôt, photo amusante a l'appui, être un défenseur de la diversité. Alors regardons y de plus près. Qu'en est-il de l'engagement REEL de la société Radio France en termes de diversité ? Sur plus de 200 personnes portant la responsabilité éditoriale au sein du réseau Radio France, il n'y aucune personne d'origine africaine, maghrébine, des DOM TOM ou asiatique. Quelles sont les cotes d'écoute dans les banlieues ? Prenons un seul exemple ; les cotes d'écoute de Radio France Bleu Ile de France c'est-à-dire : Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise, sont tellement faibles qu'elles ne sont pas identifiées par Médiamétrie. Elargissons, qu'en est-il du rôle de Radio France en direction de l'espace euro-méditerranéen ? et bien aucun jumelage, aucune politique d'échanges de programmes, aucun plan de formation n'a été mis en place à la faveur de cette politique pourtant voulue au plus haut sommet de l'état.
France Inter et ses cotes d'écoute. Peut on la aussi y regarder de plus prés à l'heure du bilan ? Je suis pour ma part très surprise de la dérive éditoriale en matière d'informations . Je ne parle pas de la chronique humour de Peillon que j'apprécie mais de cette inflation de chroniqueurs infos dans les matinales notamment Cette hypertrophie ne vient elle pas brouiller le souci d'objectivité qui devrait être celui de toute chaîne publique ? Ne serait-il pas préférable, en lieu et place de ces experts de salon d'avoir un peu plus de journalisme d'investigation
Hélas non la vision éditoriale de la Présidence et de la Haute Direction s'est limitée en la circonstance à appliquer les recettes les plus éculées des radios privées.
Contrairement aux déclarations de son Président, le bilan de Radio France en matière de diversité est tout simplement inexistant, le bilan éditorial se limite à un copié collé des recettes maketing des radio privées quand à la vision et bien elle se limite a des effets de com.
Louise
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous
Mots-clés :
Jean-Paul Cluzel, bilan, Radio France
Formations :