
09/04/2009 - Le mensuel scientifique a été élu magazine de l’année par le Syndicat de la presse magazine et d’information.
C'est l'une des vieilles dames de la presse magazine française. Science et Vie, grand gagnant du Prix des magazines de l'année, est né en 1913 sous la houlette d'un ancien ministre, Jean Dupuy, directeur du quotidien Le Petit Parisien. Le titre s'appelle alors La Science et la Vie, et entend mettre à la portée du plus grand nombre les découvertes scientifiques. Un credo dont le magazine n'a guère dévié près d'un siècle plus tard: «Nous voulons expliquer comment l'évolution des sciences et des techniques bouleverse la vie quotidienne», explique Matthieu Villiers, directeur de la rédaction du titre (DFP 2008 : 274612 exemplaires).
C'est ce parti pris qui a séduit le grand jury réuni par le Syndicat de la presse magazine d'information (SPMI). «Science et Vie est ressorti facilement, même si nous avions la volonté de récompenser la qualité des analyses de L'Expansion, l'un des finalistes, qui pointait dès janvier 2008 les risques d'une crise financière», explique Frédéric Pommier, responsable de la revue de presse matinale de France Inter et membre du jury. «Le magazine de décoration AD, très beau, figurait aussi parmi les finalistes, raconte Béatrice Garrette, directrice générale de Sipa Press. Mais nous avons voulu saluer les valeurs pérennes de Science et Vie, qui fait constamment le lien avec des problématiques actuelles. Dans cette période où les gens sont inquiets pour l'avenir, ce magazine permet de prendre de la hauteur, avec une parole d'expert éclairante mais pas écrasante.»
Contrat de lecture scientifique
Exemple de sujet traité: dans le dernier numéro, un sujet titré «Quand l'homme fait trembler la terre» montre comment les forages ou les barrages agissent sur les phénomènes sismiques, compte tenu de la fragilité des plaques tectoniques. «Nos lecteurs nous suivent aussi sur des histoires spéculatives, voire métaphysiques», constate Matthieu Villiers. Des sujets comme «Qu'y avait-il avant le big bang?» assurent de bonnes ventes au mensuel, qui réalise les deux tiers de sa diffusion par abonnement. «Nous n'avons pas de marronniers dans le journal», se félicite Matthieu Villiers.
En revanche, entre un numéro qui marche et un numéro qui ne marche pas, on passe du simple au double. Un numéro qui se vend bien partira à 150000 exemplaires, contre 75000 pour un numéro dont le sujet plaît moins. Les sujets les moins vendeurs ne sont pas ceux que l'on croit. «Les lecteurs n'attendent pas de nous que nous sortions du contrat de lecture scientifique et que nous essayions de faire du news», remarque Matthieu Villiers.
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Sciences et Vie, magazine de l'année 2009, mondadori france, Matthieu Villiers
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