
30/04/2009 -
Pas de locaux, peu d'argent mais des idées à la pelle. La petite équipe de place-publique.fr – une dizaine de personnes dont une majorité d'anciens journalistes de La Tribune – croit dur comme fer en son projet.
Lancé en 1996, ce site pionnier de la presse citoyenne sur Internet vient de changer de formule.
Davantage d'articles dans la partie magazine, un observatoire sur les grands enjeux (révolutions du travail, solidarité, économie sociale, environnement, phénomènes générationnels) et un service de veille recensant une foule d'initiatives sociales et solidaires menées ici et là. Objectif: redonner à tous l'envie de faire de la politique.
«Si on laisse aux seuls experts autoproclamés et décideurs politiques le soin de fabriquer le monde de demain, il aura toutes les chances de ressembler à un plan quinquennal», explique Yan de Kerorguen, ancien rédacteur en chef des pages Futurs de La Tribune et cofondateur du site avec Philippe Merlant (ex-rédacteur en chef des rubriques sciences et culture au quotidien économique), Guy-Patrick Azemar (écrivain) et Sophie Reinauld (ancienne PDG de L'Agence, revendue au groupe Ligaris).
À Place publique, on est convaincu que l'avenir appartient à la «sociétal-démocratie». «Les initiatives citoyennes fourmillent, sauf que la presse, trop occupée à calquer son agenda sur celui du président de la République, ne les relaie pas», estime Yan de Kerorguen. Plus d'un millier d'initiatives réparties par thématiques (art et culture, géopolitique, médias et technologies, santé, éducation, etc.) et par régions françaises sont déjà recensées sur le site.
Activité d'expertise
Côté contenu rédactionnel aussi, le magazine entend donner de la visibilité aux absents des autres médias. «Les chercheurs dans les labos, les praticiens qui inventent des solutions économiques et sociales, les associations engagées dans le développement durable, les entreprises qui innovent, bref tous ceux qui tentent d'inventer le monde de demain», précise Yan de Kerorguen.
Place-publique.fr se distingue aussi par son modèle économique. Aucune publicité sur le site, qui vit des cotisations des membres de l'association Place publique (200 personnes qui paient 20 euros minimum à l'année) et des différentes prestations proposées aux associations, collectivités territoriales et entreprises.
Si les journalistes du site ne sont pas rémunérés pour leurs articles, ils le sont par d'autres voies. Car Place publique est aussi une agence d'information qui délivre du contenu rédactionnel pour la presse écrite (suppléments thématiques sur le monde associatif, enjeux sociaux, initiatives citoyennes), pour des sites Internet et newsletters.
Autre source de rémunération, la couverture et l'animation de certaines manifestations (débats, colloques), ainsi que la réalisation d'études thématiques sur la citoyenneté, le futur, Internet et la vie associative (repérage de sites associatifs pour la Caisse nationale des Caisses d'épargne, étude sur la démocratie locale et les usages d'Internet pour le ministère délégué à la Ville, etc.).
«Nous commençons à gagner de l'argent», indique Yan de Kerorguen. Une expertise déjà connue et reconnue par les internautes. Le site compte plus de 150000 visiteurs uniques mensuels. Prochain développement sur place-publique.fr: la création d'une plate-forme d'échanges consacrée aux associations. «Une sorte de Facebook pour les associations», précise Yan de Kerorguen.
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