
24/09/2009 - Le Festival de la Rochelle a mis en évidence la semaine dernière les difficultés de la fiction française à intéresser les annonceurs… et à faire face à la crise publicitaire.
Le 18 septembre, le Club Galilée, en association avec le Centre d'analyse stratégique, a rédigé un communiqué «d'alerte» intitulé «La création française en danger». Motif : la baisse des recettes publicitaires des grandes chaînes privées au premier semestre (–23% pour TF1 et –14% pour M6) va avoir des conséquences spectaculaires sur la production de fictions.
Au premier semestre, cette dernière a en effet connu, en un an, une baisse de près de 49% en heures produites en raison d'une évaporation de 144 millions d'euros des investissements par rapport au premier semestre 2008 (–31,6%).
Le compte de soutien à l'industrie des programmes est en effet alimenté par une taxe de 5,5% sur le chiffre d'affaires publicitaires des télévisions. L'Association des chaînes privées souligne qu'avec la taxe prélevée en faveur de France Télévisions, ce n'est pas moins de 100 millions d'euros de ses membres qui n'iront plus vers la création en 2010.
A ce constat alarmant s'en ajoutent d'autres, implacables, dont le Festival de la fiction de la Rochelle s'est fait l'écho le 18 septembre. «Rien n'est rentable en fiction française, a asséné Laurent Storch, directeur des programmes de TF1. Que ce soit en séries de 52 minutes ou en téléfilms de 90 minutes, les annonceurs ne sont pas intéressés par la fiction française.»
Laquelle a la réputation de ne pas intéresser les jeunes, de ne pas bien fidéliser son public en raison d'un rythme de diffusion peu soutenu et d'être peu compétitive face aux fictions américaines, malgré une recherche de renouvellement des formats et des genres (politique, fantastique, polar…).
Le respect des quotas par la chaînes de la TNT
France Télévisions, qui représente 49% de la fiction française (contre 39% en 2000), réfléchit par exemple à des «films d'anticipation» ainsi qu'à des téléfilms de 120 minutes ou à des séries 26 et 52 minutes. Avec un engagement de 262 millions d'euros en 2009, le groupe public compte augmenter son effort de 30 millions d'euros d'ici à 2012. Patrice Duhamel, son directeur général, estime notamment que la reconduction du contrat de Plus belle la vie, avec Telfrance, «est en bonne voie».
Reste que le service public ne sera pas suffisant pour redynamiser la fiction française. Pascal Rogard, délégué de l'Union syndicales de producteurs (Uspa), demande donc que les chaînes de la TNT respecte leurs quotas de production : elles pourraient apporter 50 à 100 millions d'euros au secteur. Du côté des parlementaires, l'idée d'une taxe de 1% sur les produits bruns (Christian Kert, UMP) ou sur les fournisseurs d'accès à Internet (David Assouline, PS) fait aussi son chemin…
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