
05/11/2009
«Les livres anciens sont pour les auteurs, les nouveaux pour les lecteurs.» Le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand avait convoqué rien de moins que Montesquieu pour le lancement de l'opération «Mon journal offert», destinée à attirer les jeunes de 18 à 24 ans vers la presse quotidienne, nationale ou régionale. Il est vrai que les chiffres sont sans appel : en 1997, 70% des 18-24 ans lisaient un quotidien payant. Ils n'étaient plus que 58% en 2008.
Afin de ramener les jeunes vers le papier, 5 millions d'euros devraient être dépensés par l'État et les éditeurs. Les jeunes qui le souhaitent peuvent se connecter sur la plate-forme monjournaloffert.fr et choisir parmi cinquante-neuf titres le quotidien de leur choix, qu'ils recevront gracieusement une fois par semaine. Frédéric Mitterrand, que ses collaborateurs décrivent comme «un gourmand de la presse qui lit tous les titres tous les jours et en entier», était plutôt partisan d'un abonnement complet. Mais c'était réagir en lecteur conquis, avec le réflexe de l'addiction, reconnaît-il. Les éditeurs m'ont mis en garde contre un phénomène de rejet, et je les ai entendus.»
Un quota selon la diffusion OJD
Deux cent mille abonnements seront donc proposés, avec un quota attribué à chaque publication, en fonction de la diffusion contrôlée par l'OJD. Ainsi, 28 000 exemplaires d'Ouest France seront proposés chaque semaine, et 8 000 du Monde. L'opération, soutenue par une campagne signée Leo Burnett, a déjà été testée en 2006 pour quelques titres, ainsi Ouest France. «Nous avions été dépassés par le succès, raconte Jeanne-Emmanuelle Hutin, éditorialiste d'Ouest France. Sur les 12 000 jeunes abonnés, 65% ont continué à lire le journal au moins une fois par semaine et 12% ont souscrit à une offre payante pour deux journaux par semaine.»
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Mots-clés :
Frédéric Mitterrand, presse quotidienne, Jeanne-Emmanuelle Hutin
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