
10/12/2009 - Jean-Charles Decaux, président de JCDecaux, dresse le bilan d'une année 2009 difficile pour la communication extérieure et les médias en général.
Le groupe JCDecaux vient d’obtenir de la mairie de Paris un nouveau contrat Vélib, dans lequel la ville s’engage à augmenter sa participation au remboursement des vélos vandalisés, soit 1,6 million d’euros par an, et accepte également de partager ses recettes avec JCDecaux au-delà de 14 millions de chiffre d’affaires. Alors que l’appel d’offres d’Autolib se profile pour le début 2010, avec déjà trois candidats sur les rangs (un groupement SNCF-RATP-Avis-Vinci Park, Transdev et Veolia Transport), Jean-Charles Decaux, président du directoire du numéro deux mondial de la publicité extérieure, évoque l’intérêt de JCDecaux pour le projet d’automobile en libre-service et l’actualité de la communication extérieure en ces temps difficiles.
Vous venez de renégocier le contrat Vélib avec la mairie de Paris. Êtes-vous satisfait des termes du nouveau contrat ?
Jean-Charles Decaux. Le mot « négociation » n’est pas totalement juste. Il s’agit plutôt d’une adéquation au contexte du Vélib tel que nous le gérons aujourd’hui par rapport à un environnement qui était très différent au moment où le dispositif a été pensé. Par exemple, les vols et les dégradations sont supérieurs à ce que nous attendions. Huit mille vélos ont été volés et 18 000 endommagés. Globalement, pour faire tourner 20 000 vélos, nous avons été obligés d’en acheter 38 000. Malgré tout, nous avons relevé le défi, puisqu’il n’y a eu aucune interruption de service. Mais il ne faut pas que le prisme du vandalisme prenne le pas sur le succès du Vélib. Nous avons transporté 66 millions de Parisiens, Franciliens et touristes avec des journées d’été à plus de 100 000 locations. Et depuis la mise en place du service, nous avons réduit les émissions de CO2 de 25 000 tonne
À Paris, êtes-vous intéressé par Autolib ?
J.-C.D. Nous regardons très attentivement l’évolution de ce dossier et feront de même concernant les conditions de l’appel d’offres. Nous réfléchissons aux applications sur lesquelles JCDecaux aurait une légitimité. Le modèle économique que nous avions préconisé pour le vélo en libre-service est moins évident pour l’Autolib, qui reposera inéluctablement sur un mode de financement public. Il ne faut pas oublier que le Vélib n’a rien coûté aujourd’hui aux Parisiens et que le contrat est rentable pour la ville de Paris. Mais Autolib, c’est bien sûr un sujet sur lequel nous pourrions nous positionner. Toutes les mobilités en ville nous intéressent. Pour nous, il est certain que le transport est le domaine qui connaîtra le plus de transformations des usages dans les dix à quinze ans qui viennent.
Que pensez-vous des déclarations de Guillaume Pépy, le président de la SNCF, candidate à Autolib, qui déclarait dans Le Monde du 17 novembre que le fait de ne pas avoir été candidat à l’appel d’offres du Vélib était « une déchirure, un énorme regret » ?
J.-C.D. Il a raison de dire que la SNCF doit se positionner sur de nouvelles mobilités. Et si notre groupe était partenaire de cette réflexion, nous en serions ravis. Nous nous rejoignons sur un point : la révolution des transports passe par toutes les mobilités. Il y en a pour lesquelles la SNCF est incontournable, et d’autres options pour lesquelles un groupe comme le nôtre sera toujours plus souple, plus rapide et plus efficace. Nous sommes d’ailleurs en discussion avec la RATP et la SNCF pour faire évoluer nos mobilités et faire converger un certain nombre de nos réflexions.
L’année 2009 a été une difficile pour les médias, et la publicité extérieure n’échappe pas au marasme. Comment le groupe JCDecaux fait-il face à la crise ?
J.-C.D. Nous avions fait une bonne année 2008, avec 6,3 % de croissance organique. Mais, au premier semestre 2009, nous avons enregistré –13 % de chiffre d’affaires. Nous avons certes connu une baisse de nos activités, mais plutôt moins que les autres médias et nous sommes certainement parmi les sociétés de médias qui ont le mieux résisté à cette crise financière et économique. Le marché a baissé d’environ 10 % au niveau mondial. Nous avons mis en place une politique d’économies pour 2009-2010 de 50 millions d’euros. Aujourd’hui, notre chiffre d’affaires se décompose ainsi : 48 % pour le mobilier urbain, 31 % pour le transport et 21 % pour l’affichage grand format. Nous réalisons 21 % de notre chiffre d’affaires dans les pays émergents, qui ont moins souffert de la crise, et 29 % en France, qui est notre premier bassin d’emplois avec un effectif de 3 700 collaborateurs à temps plein. Cette année a été très difficile et personne n’a été épargné, mais la leçon que nous en tirons, c’est que nous devons tout faire pour défendre la valeur de notre média alors que certains auraient tendance à penser que la communication est une variable d’ajustement.
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JCDEcaux, Jean-Charles Decaux, Vélib', Autolib'
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