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Rolf Heinz : «Les devoirs d’abord»

presse

18/02/2010 - Le nouveau patron de Prisma Presse, Rolf Heinz, se confie sans détour sur sa conception du management et sa vision de l’entreprise. Portrait.

Lorsqu'on lui demande s'il se sent plus allemand qu'espagnol, il réfléchit un temps… avant de répondre dans un français parfait : «J'ai fait mes études en Allemagne, je parle probablement mieux allemand qu'espagnol. Mais mes attaches familiales sont en Espagne.» Volubile, le germano-hispanique Rolf Heinz, quarante-trois ans, président-gérant de Prisma Presse depuis octobre 2009, reçoit dans son bureau de la rue Daru, à Paris, dans un style décontracté et affable qui tranche avec celui de son prédécesseur. Le quadragénaire à l'allure athlétique se raconte sans affèteries : une enfance à cinq kilomètres de la frontière française, non loin de Mulhouse, une adolescence marquée par le goût de la politique, de l'économie ou de l'histoire. «Je pensais alors devenir politicien ou diplomate», raconte-t-il.
Un stage au sein du quotidien régional Hamburger Blatt lui donne le virus du journalisme. Mais, très vite, l'ambitieux Rolf se découvre une disposition pour le management : «Le journalisme est un métier fantastique, mais j'aime aussi prendre des décisions, être dans l'action», explique-t-il. Il fera ses débuts dans la division internationale du groupe Bauer, et y apprend le management à l'allemande, marqué par une certaine collégialité : «En Allemagne, il existe le “vier Augen Prinzip”, le principe des quatre yeux, qui veut que l'on ne prenne aucune décision sans l'assentiment d'un autre membre du board», souligne-t-il. En ira-t-il ainsi en France ? «Que ce soit pour une offre à un client ou un changement de fournisseur, on en discute soit au comité de direction, soit avec Pierre Riandet [directeur général de Prisma], soit avec l'éditeur concerné, confie-t-il. On prend des décisions ensemble, je trouve cela très raisonnable. Mais je ne suis pas non plus extrêmement collectif. J'aime l'autonomie. Ou plutôt j'aime bien l'harmonie à condition d'être libre. Cela me rend nerveux quand je dépends de quelqu'un qui va toucher mon rayon d'action.» Hombre !
Entre 2005 et 2009, Rolf Heinz est la tête de la division italienne de Prisma Presse. Les réunions «où l'on n'a pas trop tendance à prendre de décisions» sont pour lui une curiosité. Lorsqu'on lui propose de venir prendre la tête de la filiale française, cet ultrapragmatique ne tergiverse pas : «J'ai dit, oui, ça m'intéresse et je me sens capable : la France est la filiale la plus importante du groupe. De manière générale, lorsque je prends une décision, je pars du principe que c'est la bonne, par définition», avoue-t-il. Si Heinz a été choisi, c'est parce que, souligne-t-il, «les patrons de Gruner + Jahr me connaissent, et savent que je n'ai pas besoin de feuille de route». Le fondateur de Prisma Presse, Axel Ganz, lui a néanmoins prodigué ses conseils : «Je nourris une grande admiration pour lui : c'est quelqu'un de très humble, qui sert le café lui-même en réunion. Il fait partie de ceux au sein du board qui disent qu'il faut donner une vision à l'entreprise, avec un nouvel enthousiasme, de la passion et de la motivation.»


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Le nouvel homme fort de la presse masculine

Il vient de racheter la licence de FHM à Bauer, après que Mondadori a cessé de publier le titre : le patron de la société d'édition 1633 (comme les 16-33 ans auxquels s'adressent ses titres) est désormais le pape de la presse masculine avec Men's Health (50000 ex. source éditeur), Newlook (45000 ex.) et Playboy (10000 ex.). À l'origine, Michel Birnbaum éditait des livres illustrés au sein des Éditions du collectionneur, boostées en 1992 par la publication de Sex, le recueil de photos érotiques de Madonna. Dès lors, Michel Birnbaum reprend des licences comme celles de Lui et de Newlook, puis commence à proposer des services de photos de charme sur mobile – qui représentent aujourd'hui 40% du chiffre d'affaire de 1633, passé de 8 à 16 millions d'euros entre 2003 et 2008. Avec FHM (119 000 exemplaires), l'éditeur n'entend pas faire mieux en termes de diffusion que son prédécesseur, Mondadori, mais autant avec moins: «Ils étaient 17 à faire FHM chez Mondadori. Nous avons la faiblesse de croire que l'on peut faire la même chose avec 5 personnes.»

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Mots-clés :
Rolf Heinz, Prisma Presse, Axel Ganz

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