
25/02/2010 - Universels, familiaux et consensuels, les programmes de caméra cachée envahissent la planète. Un marché dominé par les Canadiens de Juste pour rire et les Français de Novavision.
L'écran géant de Juste pour rire est devenu un incontournable des MIP TV et MIPcom. Installé sur le parvis du palais des festivals de Cannes, à l'occasion des rendez-vous bisannuels du monde de la télé-business, l'écran vidéo diffuse en boucle, depuis cinq ans, les gags produits par cette société canadienne, pour le plus grand bonheur des passants et des visiteurs du salon. Juste pour rire a fait de l'agitation des zygomatiques sa spécialité. Installée à Montréal, l'entreprise est connue depuis près de trente ans pour ses festivals d'humoristes et son rôle d'agents de comiques. Surtout, la société est devenue le leader mondial de la caméra cachée. « En 1997, nous recherchions un produit d'exportation pouvant être vendu partout dans le monde, et nous avons créé cette structure consacrée à la production de sketchs non verbaux réalisés en caméra cachée », explique Pierre Girard, directeur général de Juste pour rire Les Gags Inc.
La caméra cachée, pas de quoi se tordre de rire ? Le genre n'est certes pas récent. Allen Funt en a été le précurseur en lançant Candid Camera, en 1948, aux États-Unis. En France, ses enfants s'appellent Jacques Legras et Jacques Rouland, avec La Caméra invisible, diffusée à la fin des années soixante. Dans les années quatre-vingt-dix, Marcel Béliveau avait repris ce principe pour piéger des personnalités dans Surprise sur prise. Aujourd'hui, le genre connaît néanmoins une nouvelle jeunesse grâce à l'exportation des gags, rendue possible par une production sans parole. « On estimait que l'humour, comme la politique, n'était pas exportable, poursuit Pierre Girard de Juste pour rire. Nos produits s'exportent facilement parce que les comportements humains sont universels. » Un avis partagé par son principal concurrent, Novavision. « Le gag doit être consensuel, explique François-Xavier Poirier, président de l'entreprise française. Le téléspectateur doit être surpris et la personne piégée doit autant rigoler que celle qui regarde. »
Une véritable industrie
Tous deux se retrouvent aussi sur un autre point : la caméra cachée, c'est un vrai métier. «Nous sommes contactés régulièrement par des télévisions du monde entier qui aimeraient faire leur propre production mais n'y arrivent pas », confie François-Xavier Poirier. Car il s'agit aussi d'une industrie. Juste pour rire emploie plus de soixante personnes: scénaristes, acteurs, cameramen, techniciens... et dresseurs d'animaux. « Nos budgets sont aussi élevés que ceux d'une série lourde [série à gros budget] », assure Pierre Girard de Juste pour rire.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous
Dans l'annuaire des agences et prestataires :
Business