
Ce n'est pas la seule critique que va devoir affronter France 2. «Le Jeu de la mort reprend tous les codes de télé-réalité, souligne François Viot, auteur du Jackpot des jeux TV. La mise sous pression des candidats, la musique stridente, les chauffeurs de salle, les gros plans, la scénarisation à outrance. Cela me met mal à l'aise car on sait alors que le dispositif, avec les injonctions de l'animatrice, est plus fort que le candidat. Ce dernier est mis en condition comme les rats du professeur Laborie : c'est à la base une supercherie, comme dans la télé-réalité.»
Bien sûr, Christophe Nick aura beau jeu de rétorquer qu'il s'agit d'un jeu à visées scientifiques. Mais il n'ignore pas que l'expérience de Milgram est aujourd'hui rejetée par l'American Psychologist Association qui, comme il le précise lui-même, «a demandé à la communauté mondiale des chercheurs de ne pas reproduire l'expérience» (1). Il faut dire que le stress généré auprès des participants est parfois lourd à gérer. «Christophe Nick traite comme quelque chose d'un peu évident le passage à la transposition TV sans tenir compte du poids de la caméra», relève François Jost.
La dimension ludique du jeu n'altère-t-elle pas le sérieux de l'expérience? Et quelles seront les conséquences sur les participants de La Zone Xtrême après diffusion? Le producteur assure qu'il a apporté toutes les garanties d'accompagnement psychologique et de non culpabilisation. Et que seules trois personnes, après visionnage du documentaire, ont refusé d'apparaître à visage découvert.
Mais cela n'empêche pas Le Jeu de la mort de donner en exemples les désobéissants. Et si la caution scientifique permettait aux candidats d'actionner une diffusion qui va donner d'eux-mêmes une mauvaise image ? «C'est la folie du public : on préfère toujours son quart d'heure de célébrité», conclut François Jost.
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