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Faut-il relever le seuil anticoncentration ?

radio

11/03/2010 - Le débat sur le seuil anticoncentration tourne à l'affrontement entre stations nationales et locales.

La guerre de position autour de l'évolution des seuils anticoncentration ne se relâche pas. Depuis mi-février, radios indépendantes et grands réseaux privés s'écharpent sur la limitation du bassin d'audience maximal d'un même groupe radiophonique, fixée à 150 millions d'habitants depuis 1994.

Les réseaux nationaux (NRJ, Next Radio TV, RTL et Lagardère) jugent obsolète ce seuil. Réunis au sein du Bureau de la radio, ils militent pour une rallonge de 50 millions d'auditeurs potentiels afin de suivre l'accroissement de la population française, passée de 57,6 millions d'habitants en 1994 à 62,8 aujourd'hui. «Cette évolution est vitale pour des groupes radiophoniques qui ont besoin de se renforcer pour assurer leur pérennité», a martelé le Bureau de la radio dans son dernier communiqué, le lundi 8 mars.

Dans les rangs de leurs détracteurs, les 122 stations locales réunies sous la bannière du GIE-Les Indépendants craignent que l'assouplissement des seuils ne relance une chasse aux fréquences. Alors que la bande FM est quasiment saturée, les Indépendants rappellent que, pour se développer, il faut «prendre les fréquences à quelqu'un». Selon le GIE, qui assure 30 à 50% du chiffre d'affaires de ses membres grâce à la publicité nationale, le rachat de ses plus belles fréquences mettrait en péril l'économie de l'ensemble des stations indépendantes.

L’argument est contesté par le Bureau de la radio, qui rappelle que le CSA «refuse l'entrée de réseaux ou de personnes physiques ou morales ayant un lien avec un réseau dans le capital des opérateurs de catégorie B». Du côté du CSA, on précise «ne pas avoir délibéré sur le sujet et ne pas avoir été saisi».

Alors que chacun campe sur ses positions, la question de la couverture maximale autorisée pour les groupes reste entre les mains des parlementaires. En novembre 2009, un amendement visant au relèvement du seuil du député UMP Patrice Martin-Lalande a été rejeté. Mais un nouvel amendement «peut être déposé par surprise à tout moment», avertit Philippe Gault, président du Sirti.


Un politique

Oui et non
Catherine Morin-Desailly, sénatrice, présidente du groupe d'études médias et nouvelles technologies


«La radio est un média en pleine mutation dont on s'est trop peu occupé jusqu'à présent, et le sujet du seuil anticoncentration fait débat. Il est vrai que ce seuil n'a pas évolué depuis 1994 alors que la population française a augmenté de manière significative. Je suis pour le pluralisme des médias, mais je suis assez pragmatique : qu'une grande station ne soit pas disponible dans certaines grandes villes de France n'est pas normal. Une vraie question est posée et je souhaite poursuivre les auditions des acteurs du secteur de la radio au sein de la commission culture du Sénat afin de pouvoir prendre les décisions les plus éclairées avant l'été.»


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