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France Télévisions dans le flou

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De son côté, Gérard Noël, vice-président de l'Union des annonceurs, indique qu'il est également favorable à ce maintien de la publicité en journée car sa suppression «posera problème à des petits annonceurs, notamment des PME, qui comptent sur France Télévisions pour toucher leur cible à un coût privilégié». Un constat partagé par Nicolas Bordas, pour l'Association des agences-conseils en communication, et Dominique Delport, pour l'Union des entreprises de conseil et achat média. Sans se prononcer contre l'externalisation de la régie, ils savent que la perspective d'une proposition de loi, en juin, ne peut qu'entraîner la relance d'un appel d'offres. Même si Stéphane Courbit précise que son accord prévoit «une clause de prix complémentaire» et que «la pertinence de l'ouverture du capital n'est pas liée à l'arrêt de la pub».

Le 7 avril toujours, Damien Cuier, directeur général de France Télévisions, confie à Stratégies que l'hypothèse d'un maintien publicitaire en journée changerait la donne auprès des candidats écartés: «Je ne vois pas comment on fait juridiquement pour ne pas relancer un tour de piste.»

Ce tir croisé visant Stéphane Courbit n'a pas échappé à Alain Minc, le conseiller du chef de l'Etat, qui a programmé l'annonce de la nomination d'un autre de ses protégés, Alexandre Bombard, le jour même du conseil d'administration du 13 avril. Histoire de disqualifier la décision de Patrick de Carolis de suspendre les négociations?

Mais une indiscrétion, lâchée par Alain Minc le 9 avril à la Cité de réussite, va modifier le calendrier durant le week-end. Le chef de l'Etat aurait, dit-on, très peu apprécié de voir déballé au grand jour (dans Mediapart) les liens qui unissent Stéphane Courbit, Alain Minc (son conseiller et actionnaire de Lov à 3%) ainsi qu'Alexandre Bompard et le groupe Lagardère. Surtout, il prend conscience que cette désignation, qui devait apparaître à la fois politiquement cohérente – Bompard est un inspecteur des finances et un ancien du cabinet de François Fillon au ministère des Affaires sociales – et professionnellement incontestable (il a consolidé l'audience d'Europe 1), est en train de passer pour un remake du «club» du Fouquet's.

C'est précisément ce qu'il veut éviter lors de la nomination du patron de France Télévisions. «Cela relève de mœurs qui ne devraient jamais avoir cours dans une démocratie normale, assène déjà Laurent Mauduit, de Mediapart. C'est le contraire de l'habileté politique qu'aurait été une personnalité d'ouverture.» Une appréciation qui, selon certaine sources, peut redonner ses chances à un candidat plus consensuel, comme Rémy Pflimlin, le directeur général de Presstalis.

Contacté par Stratégies le 13 avril, Franck Louvrier, le conseiller pour la communication du chef de l'Etat, se contente pour l'heure de dire que Nicolas Sarkozy n'a pas pris sa décision. Alexandre Bompard? C'est «un homme de grand talent», mais il ne faut pas s'attendre à sa nomination cette semaine.

Quoiqu'il en soit, le président risque d'avoir fort à faire pour calmer le jeu si les conditions de désignation du nouveau maître de la télévision publique ne font pas l'unanimité. Pourra-t-il alors rester dans sa ligne d'une télé sans publicité en journée? «Ce pourrait être dangereux, se risque Christian Kert, député UMP et vice-président de la commission des Affaires culturelles, d'aller à l'encontre de l'opinion des parlementaires et des professionnels.»


Amaury de Rochegonde
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1585

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