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Dans les coulisses du partenariat Wikileaks-Le Monde

06/01/2011

Un joli coup pour fin 2010, qui lui a permis d'être associé à un des sites les plus secrets - et les plus en vue. En octobre 2010, Le Monde devient le cinquième média partenaire de Wikileaks, site spécialisé dans la diffusion «pirate» de documents officiels, aux côtés du Guardian, Der Spiegel, du New York Times, et Al Jazeera.

Il a ainsi accès, tour à tour, aux 391 000 documents secrets sur l'Irak, puis aux 251 000 mémos sur la diplomatie américaine, qu'il publie à partir du 28 novembre. Fin 2010, ce partenariat exclusif a pris fin, mais les faits sont là : effet d'image garanti pour le quotidien, intronisé parmi les meilleurs journaux d'investigation.

D'après nos informations, Le Monde a contacté Julian Assange dès juillet 2010, après avoir publié des enquêtes à son sujet, et relayé ses documents sur la guerre en Afghanistan, pour nouer ce partenariat, officiellement sans contreparties financières. Difficile, dans la «campagne» interne actuellement en cours pour le futur directeur du Monde, de savoir qui en est l'initiateur.

En tous cas, «c'était un partenariat intéressant pour Julian Assange : nous sommes le principal quotidien francophone, nous avons beaucoup couvert la guerre en Irak, nous disposons le plus de correspondants à l'étranger», explique Rémy Ourdan, journaliste et ancien reporter de guerre au Monde, qui a coordonné les journalistes sur cette opération.

Couverture médiatique pour Wikileaks

Le site fondé par Julian Assange inaugurait une nouvelle logique : contrairement aux précédentes fuites, les documents n'étaient pas disponibles publiquement sur son site Internet. Plutôt que de publier l'intégralité des câbles, Wikileaks a préféré s'associer à cinq journaux. A eux d'effectuer, avec cette matière première, le travail journalistique de hiérarchisation et de recoupement des informations.

Cette stratégie devait lui permettre d'assurer une meilleure couverture médiatique aux révélations contenues dans les câbles, en misant sur l'exclusivité dont pourraient profiter ses partenaires.

Mais avec des contreparties : les journalistes pouvaient piocher à leur guise dans les câbles qui feraient l'objet d'articles, et en condition sine qua non le respect de l'anonymat des sources : aucun nom n'est cité.

Collaborations inédites

Un travail de fourmi qui a exigé une répartition minutieuse des tâches. «Une vingtaine de journalistes du Monde, sélectionnés par domaines d'expertise, géographique ou par rubrique, ont travaillé sur ces câbles», précise Rémy Ourdan. Des mémos rassemblés sur des bases de données protégées, un moteur de recherche créé pour l'occasion permettait d'y naviguer.


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