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Un reporter dans la tourmente japonaise

17/03/2011 - Grand reporter à TF1, Julien Beaumont est au Japon depuis le 12 mars pour couvrir les conséquences du séisme et du tsunami ayant frappé le pays. Alors que la plupart des rédactions françaises viennent de rapatrier leurs envoyés spéciaux, il est, avec son équipe, l’un des rares reporters français encore sur place, malgré le danger lié aux accidents répétés dans les centrales nucléaires. Voici son journal de bord du 11 au 16 mars.

Un départ décidé en quelques minutes. «Dès la nouvelle du séisme et du tsunami, vendredi matin [11 mars], TF1 envoie une équipe, composée d'un journaliste, d'un cameraman et d'un preneur de son, au Japon. Une deuxième équipe, en poste en Inde, va les rejoindre. Au final, la constitution d'une troisième équipe, également composée de trois personnes, est décidée. En fin de journée, on me propose de partir. J'ai deux secondes pour prendre une décision. Un sac est toujours prêt à la rédaction, mais je suis obligé de repasser en vitesse chez moi pour prendre plus d'affaires. Dont une paire de bottes en caoutchouc. A 23h30, je suis dans l'avion.»

Premier travail: trouver un «fixeur». «Arrivée samedi matin [12 mars]. Notre première urgence est de louer une voiture et, surtout, de trouver un «fixeur», un interprète local qui pourra nous aider également dans les différentes démarches avec les officiels. Il nous a fallu deux jours et demi avant d'en trouver un qui accepterait de nous suivre dans le nord du pays. “Ça pète trop là-haut”, nous indiquaient tous les autres. Finalement, nous restons à Tokyo.»

Assurer les directs. «Resté à Tokyo, je suis chargé d'assurer les directs dans les JT de 13 heures et de 20 heures. Avec le décalage horaire, cela fait 21 heures et 4 heures du matin au Japon. Je ne dors que 4 heures par journée. A Paris, on nous a trouvé un appartement qui nous servira de studio. Mais, face au chaos, je préfère prendre une chambre dans l'hôtel juste à côté afin de ne pas être bloqué par les embouteillages ou dépendant des transports. Les liaisons sont une horreur. Au début, seul mon téléphone portable français passe. Nous décidons de prendre des mobiles japonais. Chaque équipe est indépendante. Nous ne nous croisons jamais, mais nous restons toujours en contact.»

Rejoindre Sendai rapidement. «Le but du jeu des deux autres équipes est de rejoindre Sendai, au nord du pays, le plus rapidement possible. En voiture, après avoir embarqué des litres d'eau et des jerricans d'essence, ils mettent douze heure pour rejoindre la ville sinistrée. Le badge presse ne sert à rien. Sur le terrain, les autorités se fichent bien de savoir si nous sommes journalistes ou pas. Il y a une règle et ils l'appliquent.»

L'information est bloquée. «Je me rends rapidement compte que l'information est bloquée. Il n'est pas possible d'assister aux conférences de presse ni de s'accréditer. Et nos confrères japonais n'ont pas l'habitude de poser de questions dérangeantes... quand ils posent des questions. Ce n'est pas de la censure, mais un état d'esprit surprenant pour nous. Au Japon, il existe beaucoup de règles non écrites que tout le monde applique.»


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