
23/04/2012 -
Des rigolos, nos hommes politiques? En titrant «France in denial, The West's most frivolous election» (La France dans le déni, l'élection la plus frivole) le 29 mars, The Economist est le premier journal à annoncer la couleur et à montrer que le manque de propositions sérieuses des candidats à l'élection présidentielle n'est pas passé inaperçu outre-Manche. Les médias étrangers ne sont pas insensibles aux problèmes économiques et politiques de la France et leur vision de notre pays joue un rôle déterminant dans la campagne. Déterminant pourquoi? A l'heure de la mondialisation de l'économie, la France se débat dans sa crise économique et les pays du monde, et plus particulièrement d'Europe, ont les yeux rivés sur celui qui devra prendre dans les prochaines années des décisions cruciales.
Nicolas Sarkozy a compris depuis longtemps les enjeux en travaillant durant son mandat sur son image sur la scène internationale. Entre l'épisode bling-bling du Fouquet's et la nomination de son fils à la tête de l'Epad, son début de quinquennat a été peu glorieux en France comme à l'étranger. Après plusieurs années d'exercice, les journalistes internationaux dressent le portrait d'un personnage agité, inconstant, arrogant et qui ne serait pas à la hauteur de sa fonction. The Guardian atténue le trait en saluant les actions menées par Nicolas Sarkozy en Libye ou en Géorgie et en soulignant son «esprit stratégique».
François Hollande se réveille à peine. Peu connu à l'étranger, il souffre aujourd'hui d'un manque de notoriété. Depuis la déclaration de sa candidature aux primaires socialistes, les médias internationaux lui prêtent les traits d'un homme «normal», proche du peuple, manquant certes de charisme comparé à son omniprésent concurrent. Le célèbre quotidien américain, The International Herald Tribune, le présente comme le président «de la plus petite région de France» et souligne son manque d'expérience. En parallèle, le portrait dressé dans The New York Times le 13 avril dernier montre François Hollande comme le candidat de l'anti-sarkozysme, incarnant les valeurs d'un présidentiable traditionnel français face à un candidat plus «américanisé».
Un président ultra connu...
Un Hollande absent et un Sarkozy omniprésent, mais finalement à quel prix? Le statut de chef d'Etat du président et sa capacité à s'exposer n'ont pas toujours eu les effets escomptés et ont parfois terni son image. Les journaux, étrangers ou français, scrutent ses moindres faits et gestes. L'hebdomadaire allemand Der Spiegel a dénoncé le 4 mars un «pacte obscur». En l'espèce, différents dirigeants européens se seraient ligués pour ne pas recevoir François Hollande suite à ses déclarations sur la refonte de l'accord européen institué par Merkel et Sarkozy. Vite démenti par les personnes concernées, cet épisode à tout de même marqué les esprits, en France comme à l'étranger. Tout le monde sait que Sarkozy et Merkel forment un couple solide!
Autre exemple médiatique: l'excès de familiarité de Nicolas Sarkozy envers Barack Obama. Entre tape dans le dos et complicités affichées, cette proximité paraît surfaite quand on se souvient des liens qu'il entretenait avec son prédécesseur George W. Bush.
La mise en scène de cette intimité est poussée jusqu'à l'organisation d'une vidéoconférence avec son homologue américain devant la presse française, le 12 avril. Cet entrevue normalement confidentielle à été l'occasion pour Sarkozy de glisser un «Nous allons gagner tout les deux» assez évocateur.
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