
16/05/2012 -
C'est le plus gros investissement de l'histoire de Studio Canal. Le 10 mai, la filiale de production, d'acquisition et de distribution de films du groupe Canal+ s'est associée au producteur de la saga Harry Potter, David Heyman, pour produire l'adaptation cinématographique des aventures de l'ours Paddington.
Ce succès d'édition anglais sera porté au cinéma en février 2014 avec un budget de 50 millions de dollars (soit 38,5 millions d'euros). Le film sera distribué en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne et sera proposé au reste du monde, du 16 au 27 mai, à l'occasion du Festival de Cannes. Le groupe devrait investir dans ce projet plus de 35 millions d'euros, en incluant les frais de sortie.
Des films à potentiel international
Selon Olivier Courson, président du directoire de Studio Canal, Paddington est emblématique de la politique du groupe: lancer sur les trois grands marchés européens des films indépendants à fort potentiel international, à la façon d'une major européenne. «Nous avons notre propre politique de distribution sur un marché très large avec un mix de distribution directe en France, Allemagne et Royaume-Uni, où l'on exploite nous-mêmes les droits en salles, vidéo, TV et nouveaux médias, et de ventes à des distributeurs de films dans le reste du monde», expose-t-il.
A la différence des majors hollywoodiennes Warner ou Fox, dont il n'a pas à jalouser la marge avec 14% de rentabilité, Studio Canal n'a donc pas un système mondial de production, de fabrication et d'exploitation internalisé. Mais, avec 200 millions d'euros à placer dans le cinéma grâce à son accord avec le fonds Anton Capital (lire l'encadré), il affiche de plus en plus une capacité d'investissement dans les films familiaux ou d'animation à gros budget, ou dans les films d'auteurs grand public, à l'image de La Taupe de Tomas Alfredson (80 millions de dollars de recettes mondiales).
A Cannes, où le groupe est en compétition sur trois longs métrages (Moonrise Kingdom de Wes Anderson, Vous n'avez encore rien vu d'Alain Resnais et Ernest et Célestine de Benjamin Renner), il s'agit pour lui de s'imposer comme le leader de la vente de films à l'international. «Cannes est notre plus gros marché, confie Olivier Courson. Par rapport à des agents non impliqués dans la production, nous avons une certaine force de conviction car nous coproduisons les films et nous prenons le risque de les distribuer.»
Un risque néanmoins calculé, puisque la plus grosse perte du studio français se monte à 3 millions d'euros (pour Hors la loi de Rachid Bouchareb). Pour minimiser cet aléa, Studio Canal fait en sorte d'intéresser le producteur aux recettes ou d'optimiser les montages financiers. Sur l'animation, comme Paddington ou Sammy 2, il souhaite développer son activité de merchandising et de produits dérivés.
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